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Affaire Merah: pour les avocats, l'enquête doit cibler les complices

Mohamed Merah, après un rodéo en voiture.

Mohamed Merah, après un rodéo en voiture. - -

Les avocats des familles des victimes de Mohamed Merah ont réagi favorablement au mea culpa exprimé samedi par Manuel Valls qui a parlé des "erreurs, fautes et failles" de la DCRI. Mais certains s'étonnent qu'aucune complicité autre que celle d'Abdelkader Merah, n'ait encore été établie.

Les avocats de familles de victimes de Mohamed Merah ont pris acte samedi des déclarations de Manuel Valls sur la "faute" de la DCRI dans la surveillance du tueur à scooter, et demandent que l'enquête cible ses éventuels complices.

L'avocat des Sandler salue l'"attitude inédite et exemplaire de l'Etat"

Les déclarations du ministre de l'Intérieur relèvent d'une "attitude inédite et exemplaire de la part de l’État, qui doit être saluée à sa juste mesure", a indiqué Maître Patrick Klugman, l'un des avocats de la famille Sandler. L'avocat salue la position de l’État "qui n'est pas dans l'évitement ou le déni" mais "prend au contraire toutes ses responsabilités et cherche à faire (...) la lumière sur les dysfonctionnements de ses services".

Béatrice Dubreuil, avocate d'Albert Chennouf, dont le fils a été tué par Merah, a également "pris acte des déclarations de Manuel Valls qui reconnaît les fautes de la DCRI". A la suite de deux plaintes de la famille Chennouf, le parquet de Paris a ouvert le 18 février une enquête préliminaire sur les failles des services de renseignement.

Traquer d'éventuels complices: "mieux vaut tard que jamais"

Les avocats des familles des victimes "soutiennent ardemment le travail des juges d'instruction qui doit aboutir à la comparution en justice de ceux qui ont aidé Merah dans son entreprise criminelle", indique encore Maître Klugman.

Pour Maître Samia Maktouf, avocate de la mère d'Imad Ibn Ziaten, militaire tué par Merah, "mieux vaut tard que jamais, le ministre de l'Intérieur reconnaît enfin les failles, les erreurs et les fautes imputables à la DCRI". Mais "la reconnaissance de la responsabilité des services de l’État n'exonère toutefois pas Mohamed Merah ni sa fratrie des crimes qui ont été commis", selon elle. Et "s’il a de nouveaux éléments, mes clients souhaitent vivement que le ministre les mette au plus tôt à la disposition des enquêteurs", particulièrement en ce qui concerne de nouvelles déclassifications.

Quand le frère de Mohamed Merah évoque un 3e homme

La famille Ibn Ziaten "s’inquiète tout spécialement de ce que, un an après les tueries, le troisième homme soit toujours en liberté" et "qu'aucune autre complicité dans cette affaire n’ait encore été établie".

Abdelkader Merah, le frère de Mohamed, est actuellement le seul mis en examen dans le cadre de l'enquête sur d'éventuelles complicités. Il a évoqué un troisième homme, présent lors du vol du scooter utilisé au moment des meurtres, mais a toujours refusé de dévoiler son identité.

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