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Abdelkader Merah ne se sentait "pas proche de son petit frère"

"Je n'étais pas proche de mon petit frère. Toute ma famille, mes copains et ses copains le savaient", a affirmé Abdelkader Merah face au juge.

"Je n'étais pas proche de mon petit frère. Toute ma famille, mes copains et ses copains le savaient", a affirmé Abdelkader Merah face au juge. - -

Le frère de l'auteur des tueries de Toulouse a expliqué au juge qu'il n'avait pas été proche de Mohamed Merah, relativisant ainsi les soupçons d'influence qui pesaient sur lui.

Abdelkader Merah a expliqué au juge qui l'a entendu le 10 septembre qu'il n'avait pas été "proche de (son) petit frère" Mohamed, relativisant l'influence qu'il aurait pu avoir sur le tueur au scooter, selon les PV d'audition dont Le Monde a publié des extraits ce samedi.

"Je n'étais pas proche de mon petit frère. Toute ma famille, mes copains et ses copains le savaient. Notre brouille a commencé quand il a eu 15 ans", a expliqué Abdelkader Merah au juge antiterroriste Christophe Teissier qui l'entendait pour la première fois depuis sa mise en examen.

"Je le frappais, je reconnais que la manière était mauvaise mais les intentions étaient bonnes", "Je le frappais lorsque je le voyais avec un véhicule volé. C'était uniquement pour le remettre dans le droit chemin", a ajouté l'aîné du tueur au scooter qui a assassiné trois militaires les 11 et 15 mars, puis trois enfants et un père dans une école juive de Toulouse le 19.

"De la provocation"

Interrogé sur ses déclarations en garde à vue, où il avait affiché son soutien à Mohamed Merah, Abdelkader, 29 ans, répond au juge : "C'était de la provocation et je voulais dire que mon frère restait mon petit frère malgré les faits". "Pour titiller les policiers, j'ai multiplié les provocations", dit-il encore.

Il affirme encore avoir pris un calmant qu'il avait dissimulé dans ses chaussettes "pour pouvoir dormir le soir", anticipant une garde à vue éprouvante.

Celui qui est allé étudier en Egypte ne cache pas au juge que s'il vit "sur le territoire français", il "ne (se) conforme pas aux lois républicaines" mais "aux lois islamiques". "Lors de mes voyages en Egypte, j'ai cependant indiqué qu'en France, malgré que ce ne soit pas un pays musulman, les gens appliquent beaucoup de règles religieuses, comme aider son prochain", dit-il encore au juge.

Achats d'un blouson et du scooter

Lors de cette audition, Abdelkader Merah a reconnu avoir été présent lors de l'achat d'un blouson que portait Mohamed Merah pendant ses tueries, ainsi que pendant le vol du scooter, tout en répétant ne pas avoir eu connaissance des projets criminels de son cadet. Il avait également répété qu'une troisième personne se trouvait là, tout en refusant de dévoiler l'identité de celui qu'il avait décrit pendant sa garde à vue comme un "ami d'enfance".

A l'issue de l'audition par le juge, l'avocat d'Abdelkader Merah, Me Eric Dupond-Moretti, a estimé qu'il n'y avait pas d'indice pour dire qu'Abdelkader Merah avait aidé en toute connaissance de cause son frère dans ses assassinats.

Abdelkader Merah est mis en examen pour "complicité d'assassinats, association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme et pour vol en réunion" d'un scooter et pour "complicité d'assassinats avec circonstances aggravantes en raison de l'appartenance de victimes à une race ou à une religion" dans l'enquête sur les tueries de son frère dont quatre victimes étaient juives. Il est écroué.