BFMTV

Affaire Kerviel: "Oui les juges se sont trompés", tance Me David Koubbi

"Il y a des dysfonctionnements dans l'affaire." Me David Koubbi, avocat de l'ex-trader Jérôme Kerviel, était l'invité de BFMTV ce mardi soir. L'occasion pour lui de réagir en direct aux déclarations du patron de la Société Générale, Frédéric Oudéa, qui a estimé peu avant notre émission auprès de l'Agence France-Presse (AFP) que l'article du site Mediapart, par lequel a débuté ce nouveau rebondissement, n'apportait "aucun fait nouveau". Avant d'évoquer une "instrumentalisation" du dossier.

"Qu'est-ce que vous voulez qu'il vous dise d'autre?", a rétorqué sur notre antenne le conseil de l'ex-trader, condamné définitivement en mars 2014 par la Cour de cassation à une peine de prison ferme, avant de bénéficier d'un aménagement de peine quelques mois plus tard.

"On sait que Frédéric Oudéa et ses avocats nous expliquent dès qu'ils ont à évoquer ce dossier qu'il n'y a pas de fait de nouveau." Or, toujours selon David Koubbi, les juges d'instruction "se sont trompés". "Ça fait deux ans, depuis l'arrestation de Jérôme Kerviel, que nous dénonçons des dysfonctionnements", a-t-il rappelé. "'Dysfonctionnement', c'est un mot qui est important, dans la conduite de l'enquête, dans la conduite des procès contre Jérôme Kerviel", a-t-il insisté.

Une Société Générale parfaitement consciente des faits?

Pour rappel, selon les informations de Mediapart, les dirigeants de la Société Générale étaient au courant des agissements de Jérôme Kerviel. Un argument longtemps mis en avant par la défense du condamné, et jamais retenu par les juges.

Véritable bombe dans un feuilleton long de sept ans, le journal en ligne d'investigations s'est basé sur des déclarations Nathalie Le Roy, qui avait été chargée de l'enquête. Un témoignage qui apporte un éclairage nouveau, et qui a conduit l'avocat de l'ancien trader à demander l'annulation de sa condamnation.

"La patronne de l'enquête nous dit aujourd'hui qu'elle a eu le sentiment d'être manipulée, et qu'elle a aujourd'hui la certitude d'avoir été manipulée", a encore appuyé Me David Koubbi. "Pour nous", a-t-il également dit, "Nathalie Le Roy, c'était un adversaire, il faut bien vous figurer ça. Il faut saluer son courage."

Ces nouveaux éléments ont émergé dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en juin 2014 pour "escroquerie au jugement", "faux" et "usage de faux", à la suite d'une plainte de l'ancien trader.

Jé. M.