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Affaire Grégory: les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob annulées

Murielle Bolle en 1984.

Murielle Bolle en 1984. - AFP

Selon les avocats, la chambre de l'instruction a considéré "qu'il n'y avait pas d'indice grave et concordant" à l'égard de Muriel Bolle et des époux Jacob. Le parquet, lui, affirme que l'annulation "porte sur des points de procédure", et pas sur le fond de l'affaire.

Nouveau rebondissement dans l'affaire Grégory. Les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob pour le rapt mortel du petit garçon il y a 33 ans ont été annulées par la chambre de l'instruction de Dijon, annoncent leurs avocats. 

Les contrôles judiciaires qui pesaient sur les trois mis en examen ont été simultanément levés par les magistrats. Les mises en examen, pour enlèvement et séquestration suivis de mort, remontaient à l'été 2017.

Les avocats ont fait état d'absence d'indices graves et concordants à l'égard de Muriel Bolle et des époux Jacob. Mais dans un communiqué émis mercredi midi, le procureur général affirme que la décision d'annulation "porte sur des points de procédure et pas sur des éléments touchant au fond du dossier". Il précise qu'il "avisera sur les éventuelles suites procédurales à donner" à cet arrêt "après examen et analyse juridique détaillée de la motivation retenue par la chambre de l'instruction".

"Un fiasco judiciaire"

A l'automne 1984, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche, lors d'une garde à vue devant les gendarmes, d'avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Ce dernier avait été incarcéré puis relâché avant d'être tué d'un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, en 1985. Trois décennies plus tard, l'accusation soupçonnait cette femme aujourd'hui âgée de 48 ans d'avoir participé à l'enlèvement et soutient que sa rétractation s'explique par des violences familiales subies à l'époque - ce qu'elle conteste.

Après la décision de l'annulation des mises en examen, les avocats de ont immédiatement affiché leur satisfaction. Stéphane Giuranna, l'avocat des époux Jacob, a affirmé que ses clients n'avaient "plus rien à faire" dans le dossier.

Jean-Paul Tessonnière, l'avocat de Murielle Bolle, a assuré de son côté que sa cliente "a toujours soutenu qu'elle était innocente de ce qui lui était reproché. Aujourd'hui cette annulation est la reconnaissance des erreurs commises pendant l'instruction. Je n'ai pas compris le redémarrage de ce dossier il y a un an, les éléments qui le constituaient étaient inconsistants. Il s'agit d'un fiasco judiciaire épouvantable, et le naufrage est confirmé par la décision rendue ce matin".

Une version qui est donc très différente de celle du procureur. Les parents de Grégory l'ont bien compris: leur avocat et les parties civiles "demandent que la procédure reprenne son cours sur de bonnes bases (...) et que la Chambre de l'instruction convoque Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier à nouveau leur mise en examen en bonne et due forme". L'affaire Grégory est loin d'être terminée.

la rédaction avec AFP