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Affaire Duhamel: Laurence Parisot estime qu'une "enquête interne" à Sciences Po est "indispensable"

Membre du conseil d'administration de Sciences Po, l'ex-présidente du Medef reconnaît que le directeur de l'école, Frédéric Mion, aurait dû "aller plus loin" après avoir été mis au courant des faits commis par le politologue.

Elle assure n'avoir jamais "été dans le premier cercle" d'Olivier Duhamel. Membre du conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), chargée de la gestion de Sciences Po et encore récemment dirigée par le politologue, Laurent Parisot a pris la parole ce mercredi sur BFMTV au sujet de l'affaire qui ébranle l'intelligentsia parisienne.

"Je ne savais pas et je n'ai jamais entendu parler ne serait-ce que d'une rumeur", dit-elle à propos des accusations d'inceste dont Olivier Duhamel fait l'objet.

"Il faut que Sciences Po tire les enseignements, plus que n'importe quelle autre école, de cette situation-là. Donc je crois qu'il faut qu'il y ait des mesures pour qu'on comprenne bien comment ça a pu rester caché, pour qu'on comprenne bien, aussi, s'il n'y a pas d'autres faits abominables, condamnables, commis par Olivier Duhamel", a affirmé l'ex-présidente du Medef.

Afin de tirer ces enseignements, Laurence Parisot estime que "la moindre des choses, c'est qu'il y ait une enquête". "Une enquête interne est indispensable, c'est même une demande des étudiants", a-t-elle insisté.

Frédéric Mion "s'en veut"

Interrogée sur "l'attitude" de Frédéric Mion, actuel directeur de Sciences-Po qui a admis avoir été informé en 2019 des accusations d'inceste contre le politologue, Laurence Parisot reconnaît qu'on "peut en parler".

"Je pense que néanmoins il faut faire attention à ne pas mélanger la dimension monstrueuse de l'ancien président (de la FNSP) et quelques erreurs peut-être commises par l'actuel directeur de Sciences Po. Il faut vraiment faire attention à ce qu'il n'y ait pas d'amalgame", a-t-elle précisé.

Admettant que Frédéric Mion "aurait dû aller plus loin dans sa démarche", l'ex-patronne des patrons a assuré que le haut fonctionnaire "s'en veut aujourd'hui". "Je pense qu'il faut mesurer ce que ça veut dire pour les étudiants à Sciences Po", dit-elle.

Sur les éventuelles mesures à prendre vis-à-vis du directeur du vénérable établissement, Laurence Parisot a botté en touche, rappelant que "c'est au conseil d'administration de décider, d'une manière collégiale" si Frédéric Mion reste ou non à son poste. Et la dirigeante d'entreprise de réserver son avis à la réunion du conseil d'administration qui doit avoir lieu, justement, ce mercredi après-midi.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV