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Affaire "des écoutes": un recours de Sarkozy une nouvelle fois rejeté

Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting en 2015 (photo d'illustration)

Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting en 2015 (photo d'illustration) - Kenzo Tribouillard - AFP

L'ancien président de la République peut encore se pourvoir en cassation pour éviter un procès devant le tribunal correctionnel pour "corruption" et "trafic d'influence".

La justice a rejeté ce lundi le recours de Nicolas Sarkozy contre la décision des juges de le renvoyer en correctionnelle dans l'affaire de "corruption" et de "trafic d'influence" à la Cour de cassation en 2014, révélée par des écoutes téléphoniques.

Refus de transmettre la QPC

Les magistrats ont déclaré "irrecevable" l'appel qu'avait interjeté l'ancien chef de l'Etat contre son renvoi devant le tribunal correctionnel ordonné le 26 mars 2018 par les juges d'instruction. Ils ont également refusé de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par sa défense.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait déjà rejeté un précédent recours de l'ex-président contre le réquisitoire du parquet national financier (PNF).

Information confidentielle dans le dossier Bettencourt

Ces magistrats exigent un procès pour Nicolas Sarkozy pour avoir, début 2014, tenté d'obtenir auprès de Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation, des informations confidentielles en marge de l'affaire Bettencourt, où il avait obtenu un non-lieu en 2013.

Au coeur de l'accusation: des écoutes de conversations entre Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog interceptées à l'occasion de l'enquête sur le présumé financement libyen de la campagne de 2007 où l'ex-président est notamment mis en examen pour "corruption passive".

Vers un pourvoi en cassation?

Selon ces écoutes, Nicolas Sarkozy semblait s'engager à intervenir en faveur de Gilbert Azibert pour lui obtenir un poste à Monaco, que ce dernier n'aura finalement pas. Au dernier moment, Nicolas Sarkozy avait renoncé à ces démarches, revirement qui peut s'expliquer selon les enquêteurs par le fait que Me Herzog et lui comprenaient que leurs téléphones non officiels, dont celui ouvert par l'ex-chef de l'Etat sous le fameux nom d'emprunt de Paul Bismuth, étaient surveillés.

Nicolas Sarkozy a maintenant la possibilité de se pourvoir en cassation, ce qui pourrait à nouveau repousser un éventuel procès.

Esther Paolini avec AFP