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Adolescent filmé avec un sac sur la tête: son avocat réfute l'argument de la préservation de l'anonymat

L'interpellation d'un mineur avec un sac sur la tête a été filmée.

L'interpellation d'un mineur avec un sac sur la tête a été filmée. - Document Mediapart

L'interpellation d'un mineur de 15 ans filmé un sac sur la tête a provoqué l'ouverture d'une enquête judiciaire menée par l'IGPN. L'avocat de ce dernier réagit à l'explication de certains policiers qui avancent que la mesure visait à préserver l'anonymat du jeune homme.

Des policiers ont-ils tenté de protéger l'anonymat d'un mineur en lui mettant un sac en tissu sur la tête lors de son interpellation le 9 mars dernier? C'est l'argument avancé par certaines sources policières au lendemain de la diffusion de la vidéo de cette arrestation par le site d'information Mediapart montrant l'adolescent la tête recouverte d'un sac blanc. Ces sources précisent que dans des affaires délicates, d'enlèvement ou de terrorisme, les policiers ont recours à ce type de pratique.

"Dire que les policiers ont mis un sac sur la tête de mon client pour préserver son anonymat ne tient absolument pas", s'insurge Me Alexandre-M. Braun, l'avocat du mineur, auprès de BFMTV. Le conseil avance trois raisons pour s'opposer à l'argument avancé par certaines sources policières: "Si on avait voulu le protéger, on lui aurait signalé qu'il était arrêté par la police, on ne l'aurait pas frappé et on ne l'aurait pas injurié."

Mis hors de cause

Selon le récit fait par Mediapart, et confirmé par l'avocat, l'adolescent a été approché par un homme qui lui a proposé 50 euros pour aller récupérer un sac. Il a refusé cette proposition, et est rentré dans un fast-food où se trouvaient des amis à lui. Deux hommes l'ont alors intercepté, sans donner leur identité, puis l'ont insulté, frappé et lui ont recouvert le visage d'un sac. "On suppose que c'est un sac en tissu, il aurait été en plastique, mon client ne serait plus là", poursuit Me Braun.

Toujours selon le récit fait par l'avocat, le mineur a compris qu'il avait à faire à des policiers lorsqu'il a entendu les gyrophares du véhicule de police. Le jeune homme a été emmené au commissariat de Bobigny, où il a été entendu. Il a alors été mis hors de cause dans l'affaire qui intéressait les policiers. "Je constate que mon client a été relâché immédiatement sans poursuite", insiste l'avocat.

"Il ne dort pas avant 4 heures du matin, il vérifie plusieurs fois que la porte de son domicile est bien verrouillée, mon client est traumatisé, détaille l'avocat. Un traumatisme aggravé parce que les faits ont été commis par des policiers."

Le mineur a porté plainte pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" et une enquête a été ouverte par le parquet de Paris le 26 mars dernier, enquête confiée à l'IGPN. Selon la préfecture de police citée par Mediapart, cette interpellation s'est déroulée lors d'une opération visant à arrêter "en flagrant délit des auteurs d'un enlèvement-séquestration, suivi d'une tentative d'extorsion de fonds". 

Justine Chevalier