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Ado tué par un requin: polémique à La Réunion

Sur la plage des Aigrettes, certains demandaient la reprise de la pêche au requin.

Sur la plage des Aigrettes, certains demandaient la reprise de la pêche au requin. - Richard Bouet - AFP

Après la mort d’un surfeur réunionnais de 13 ans, tué par un requin dans une zone de baignade interdite, certains habitants de l’île demandent la reprise de la pêche pour sécuriser les côtes. Les autorités locales appellent les baigneurs à la prudence.

Ils étaient plus de 500 sur la plage des Aigrettes, sur la côte ouest de la Réunion, pour rendre hommage à Elio, un adolescent de 13 ans tué la veille dans une attaque de requin. Rassemblés près des lieux du drame, certains ont bloqué la circulation pour dénoncer "l’inertie" des pouvoirs publics et réclamer "la reprise de la pêche au requin".

Elio, membre prometteur du pôle espoir de surf, est la septième victime d’une attaque de requin depuis 2011, et la résurgence des attaques de squale sur les plages de l’île. L’adolescent surfait sur une zone interdite à la baignade avec six autres membres de sa ligue. 

"Avant, on pouvait surfer partout"

Très affecté par ce drame, l'adjoint au maire de Saint-Paul et entraîneur de l'équipe de France de surf, Patrick Florès, a révélé que s'était tenue la veille "une réunion" où il avait été "clairement dit qu'en raison des mauvaises conditions de mer, la mise à l'eau était formellement déconseillée et qu'il n'y aurait pas de surveillance".

Elio et ses camarades ont ignoré ces conseils, mais "comment peut-on reprocher à un adolescent de vouloir pratiquer son sport, sa passion?" a ajouté Patrick Florès. "Avant on pouvait surfer par tous les temps et à toute heure. Ce n'est plus possible aujourd'hui. Plus rien ne sera, plus jamais, comme avant", a-t-il lâché. Et c'est bien parce que la pratique des sports de glisse est vécue comme une passion que le préfet en appelle "à la responsabilité de tous". "Le danger est réel, important, sinon nous n'aurions pas mis en place la sécurisation par des zones expérimentales" à la mi-février.

Les activités nautiques restent interdites en dehors du lagon

"Ce dispositif devait commencer mardi ou mercredi. On commençait à voir le choses s'éclairer un peu et puis voilà qu'arrive ce drame insoutenable", a regretté encore l'adjoint de Saint-Paul. Mi-février, l'arrêté interdisant la baignade et toutes les activités nautiques en dehors du lagon et des zones surveillées avait été reconduit jusqu'à l'année suivante.

Cette décision "d'interdire la mer", selon une expression agacée de nombreux Réunionnais, avait été prise en juillet 2013 après la mort d'une jeune fille de 15 ans à 5 mètres du rivage, toujours à Saint-Paul. Cela a entraîné l'annulation de la totalité des compétitions de surf et de bodyboard et a contribué à une baisse significative de l'activité touristique.

J.S avec AFP