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Accident du train des Pignes: "Je suis choqué mais pas traumatisé"

Jérémy Sauvan conduisait le Train des Pignes quand celui-ci a déraillé.

Jérémy Sauvan conduisait le Train des Pignes quand celui-ci a déraillé. - -

Jérémy Sauvan était au volant du Train des Pignes quand celui-ci a été percuté de plein fouet par un rocher, tuant deux passagères. Le jeune homme témoigne et raconte la scène à BFMTV.

Cinq jours après le terrible accident du Train des Pignes, dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui a coûté la vie à deux femmes, le conducteur du train panse ses plaies. Jérémy Sauvan, 24 ans, s'en est sorti avec quelques blessures, encore visibles. "J'ai une fracture ouverte au niveau du nez, qui est cassé, et quelques hématomes", raconte-t-il à BFMTV.

Le rocher lourd de vingt tonnes qui s'est décroché de la falaise est venu percuter le train derrière sa cabine. "Je n'ai pas vu l'accident sous mes yeux, ça s'est passé derrière moi, donc je suis choqué mais pas traumatisé", confie-t-il. Il se souvient pourtant très bien du moment.

"Le train déraille, et c'est la chute"

"Tout allait bien, on est parti de Nice, à l'heure. Je croise l'autre train qui vient de Digne, j'enchaîne les gares... A ce moment-là, je suis serein, en train de conduire. Soudain, j'entends un gros bruit. Puis le train déraille, et c'est la chute".

Dans l'instant, Jérémy ne comprend pas ce qu'il se passe. Quand il réussit à s'extraire de sa cabine, l'un des wagons est suspendu dans le vide. "A l'arrêt du train, je vois les gens blessés, qui ont mal, comme moi, et là, je commence à comprendre la gravité de ce qu'il vient de se passer", se rappelle le jeune homme. "J'ai alors immédiatement appelé les différentes gares et les secours, qui par chance n'étaient pas loin et sont venus nous aider".

Le bilan humain est grave: deux femmes ont été tuées sur le coup, et lundi dernier, quatre personnes étaient toujours hospitalisées au CHU Saint-Roch de Nice, sans pronostic vital engagé. Quant à l'enquête, elle s'annonce très compliquée en raison de l''instabilité du terrain et des risques d'éboulement, selon le parquet de Digne.

A. G. avec Emma Arnau