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Accident de minibus dans l'Aube: une collision et des questions

Un violent accident est survenu mardi après-midi près de Troyes, faisant six morts dont quatre enfants.

Un violent accident est survenu mardi après-midi près de Troyes, faisant six morts dont quatre enfants. - -

Cinq enfants et un adulte ont été tués mardi après-midi dans une collision frontale entre un minibus et un poids lourd sur une route départementale près de Troyes (Aube). BFMTV.com fait le point.

Une collision frontale entre un minibus et un poids lourd, d'une rare violence, a coûté la vie à six personnes, dont cinq enfants, mardi, sur une route départementale près de Troyes. L'enquête a été confiée aux gendarmes de l'escadron de sécurité routière de Troyes, afin de faire toute la lumière sur les circonstances de l'accident. Le plan Orsec a été déclenché par la préfecture de l'Aube, qui a activé le centre opérationnel départemental ainsi qu'une cellule d'information du public. Un numéro spécial a été mis en place, le 03.25.70.38.60. Que s'est-il passé? BFMTV.com fait le point sur ce que l'on sait.

Que s'est-il passé?

Après une sortie au bord du lac d'Orient, dans l'Aube, mardi après-midi, six enfants de 10 à 13 ans et trois adultes, membres d'une association sportive de Nangis (Seine-et-Marne), rentrent chez eux à bord d'un minibus Renault Trafic. Vers 15h, le long de la départementale 619, près de Courteranges, leur véhicule se déporte et heurte frontalement un poids lourd qui roulait en sens inverse. Le choc a été si violent que l'habitacle du minibus a été anéanti.

Combien de victimes?

Le bilan est lourd: six morts, cinq enfants âgés de 12 à 14 ans et demi, et le chauffeur du minibus, un animateur de 29 ans. Un précédent bilan avait fait état mardi soir de quatre enfants tués ainsi qu'un jeune de 20 ans et le conducteur du minibus. "Après vérification avec les services de la mairie de Nangis, on avait le bon nom mais pas la bonne date de naissance", a expliqué le procureur de Troyes.

Le pronostic vital des trois autres passagers (deux adolescents et une animatrice), qui souffrent de fractures, n'est pas engagé. Quant au chauffeur du poids lourd, immatriculé dans les Vosges, il a été hospitalisé brièvement, en état de choc intense. Il est rentré chez lui dans la soirée de mardi, accompagné par sa famille.

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Quelles sont les pistes envisagées?

• L'état de la route. Cette piste a été écartée très vite, mardi soir, par Alex Perrin, procureur de la République de Troyes: "La configuration des lieux n'appelle pas d'observation particulière. La route était en bon état, la visibilité était normale, les conditions climatiques étaient bonnes."

• La défaillance technique. "Des expertises techniques vont être demandées pour savoir si les deux véhicules étaient en état de rouler", explique Dominique Rizet, spécialiste police-justice de BFMTV. "Des relevés ont déjà été faits, des photographies ont été prises pour savoir s'il y a eu des défaillances techniques", ajoute-t-il.

• La défaillance humaine. Le chauffeur du minibus, qui s'est subitement déporté provoquant l'accident, s'est-il endormi? A-t-il fait un malaise? Conduisait-il sous l'emprise de stupéfiants? "On lui a fait une prise de sang dont on connaîtra les résultats mercredi matin, et son corps sera autopsié en milieu de matinée", précise Dominique Rizet. Quant au chauffeur du camion, rescapé, le test d'alcoolémie auquel il a été soumis "s'est révélé négatif".

Quelles suites?

Une information judiciaire pour homicides et blessures involontaires va être ouverte "en fin de semaine". Une automobiliste, légèrement blessée dans l'accident, a confirmé avoir vu le minibus se déportre sur la gauche, pour une raison qui reste à déterminer. Les corps des victimes doivent être transportés directement à Provins (Seine-et-Marne), Colombes (Hauts-de-Seine) ou dans le Loiret, selon la volonté des familles, dans la journée. L'autopsie du conducteur du minibus, doit être pratiquée à la mi-journée à l'Institut médico-légal de Reims.

L'audition du conducteur du poids lourd devrait avoir lieu "dans les 48 heures", a annoncé Alex Perrin, en précisant que le chauffeur routier avait déjà été entendu une première fois sur les lieux de l'accident. "On n'est pas sur une audition totalement complète, qui reste à faire", a jouté le procureur. Joint par BFMTV, l'employeur du conducteur du camion a évoqué le "grand état de détresse" de son chauffeur et sa "solidarité" envers les familles. "C'est très difficile, il a pris conscience de la gravité de l'accident", a-t-il ajouté, le décrivant "complètement effondré".

Les deux enfants et l'animatrice qui ont survécu à l'accident devraient être entendus par les gendarmes chargés de l'enquête "dans les jours qui viennent", selon Alex Perrin.

Une cellule médico-psychologique, mise en place à Nangis et ouverte à tous les habitants, doit être maintenue "jusqu'à vendredi", selon la mairie qui a indiqué vouloir obtenir l'accord des familles des victimes pour organiser une marche blanche.

Frédéric Cuvillier, secrétaire d'Etat chargé des Transports a dit son émotion au micro de BFMTV, ce mercredi: "Nous restons sur ces images violentes et dramatiques, et elles doivent adresser un message, en cette période estivale, de prudence, de respect de la réglementation sur les routes."

Quelles sont les règles de sécurité pour les transports d'enfants?

Comme dans les véhicules particuliers, le port de la ceinture de sécurité est obligatoire à bord d'un autocar. Depuis 15 ans, tous les nouveaux autocars doivent en être équipés. "Bien souvent, les anciens cars n’ont pas ces ceintures, alors les parents doivent exiger que les cars utilisés aient ce système de sécurité", explique Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la Violence routière ceinture. Et sauf dérogation, les enfants ne peuvent plus voyager, debout, dans les allées. Chacun doit avoir son siège, et sa ceinture.

Il est fort probable que les victimes n'étaient pas attachées à leur siège au moment du choc. L'enquête de gendarmerie devra le déterminer.

Caroline Piquet