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2 morts dans un car de supporters de l’OM : que s’est-il passé ?

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L’émotion était vive hier soir après la mort de deux supporters de l’OM dans un accident de car sur l’A6.

C'est une erreur d'inattention du chauffeur qui serait à l'origine de l'accident de car samedi matin. L'autocar de supporteurs de l'Olympique de Marseille qui se rendait au Havre a percuté le pilier d'un pont, sur l'autoroute A6 près de Fontainebleau, faisant deux morts et 32 blessés, dont quatre graves.

D'après les premières auditions, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule après s'être retourné pour parler avec un passager qui lui adressait la parole. Cette information reste cependant à confirmer. Les deux chauffeurs sont encore à l'hôpital et n'ont pas été auditionnés. Ils seront entendus dès que possible. le chauffeur gravement blessé est actuellement hospitalisé et ne peut donc être entendu pour le moment, le second chauffeur devrait lui être interrogé très rapidement...les tests d'alcoolémie des deux hommes se sont en tout cas révélés négatifs...

Tahar est le cousin de l'un des passagers blessés. Son cousin était l'un des plus jeunes passagers, il n'a que 17 ans. Tahar a passé la journée de samedi avec eux, au sein de la cellule psychologique, à l'hôpital de Melun : « On voyait dans leur visage qu'ils étaient un peu perdus, un peu choqués. Il y avait pas mal de choses qui se lisaient sur leurs visages. Mais bon, la crise est bien gérée. Les professionnels de santé notamment sont proches des victimes. Ca va, c'est rassurant. Il n'y avait pas de ceintures dans le car, c'est grave. Pour moi la compagnie est responsable, c'est quand même très très grave à mon avis de ne pas avoir de ceinture dans un car aujourd'hui ».

Serge Fouquet, président de la fédération nationale des transports de voyageurs, explique l'absence de ceintures dans le car : « Depuis 1999, les véhicules doivent être équipés de ceintures de sécurité, les véhicules neufs. Et bien évidemment, nous sommes tout à fait favorables à ce que l'ensemble des véhicules soient équipés. Il y a simplement un problème de timing : les véhicules ne peuvent pas être équipés rétroactivement. Donc il faudra attendra que le renouvellement naturel se fasse pour que tous les véhicules soient équipés ».

L'émotion sur le terrain

Le match Le Havre-Marseille, comptant pour la 3e journée de Ligue 1 et dont le président marseillais Pape Diouf avait initialement demandé le report, a finalement été maintenu samedi par la Ligue de football professionnel (LFP). En hommage aux deux supporteurs marseillais tués, deux minutes de silence ont été observées au stade Jules Deschaseaux avant le coup d'envoi de la rencontre. Coup d'envoi donné par la veuve d'un des deux défunts qui portait son enfant sur les bras.

Jean-Claude Gaudin, le maire du Marseille, a tenu à exprimer son émotion : « C'est un deuil terrible pour nous. Ces jeunes gens qui partaient pour aller faire une fête avec l'OM au Havre... Ca provoque chez nous bien entendu la consternation et évidemment une immense peine. Mes pensées vont bien sûr pour ceux qui viennent de mourir, pour leurs familles, nous voulons partager bien entendu ce deuil. Je voudrais dire, au nom de tous les Marseillais, aux familles de ceux qui viennent de disparaître, de ceux qui sont blessés, bien entendu le partage de la douleur avec eux ».

La mort des passionnés sera aussi saluée au stade vélodrome lors du prochain match, comme l'explique René Malville, l'un des responsables du club des supporters Les Yankees, « On voit vraiment qu'il y a une catastrophe très grave qui arrive à ces supporters. Mais au-delà des supporters, c'était avant tout des Marseillais, des jeunes, qui partaient gaiement pour soutenir leur équipe. Ce sont des copains, on vivait la même passion : l'OM. Je pense qu'au prochain match au Stade Vélodrome il y aura également une minute de silence, un hommage rendu à ces jeunes. Je pense qu'il va y avoir quelque chose d'important parce que c'est trop grave pour qu'il n'y ait rien qui se fasse ».