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13 cas de Covid-19 au centre de rétention administrative de Lyon, le bâtonnier demande de suspendre les placements

Interrogée, la préfecture confirme que la Covid-19 a touché récemment jusqu'à 13 personnes au sein du CRA.

Le bâtonnier de Lyon demande à la préfecture d'Auvergne-Rhône-Alpes de suspendre les placements au Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint Exupéry, en raison d'une "situation sanitaire alarmante".

"Actuellement plus de treize personnes sont, d'après mes informations, positives à la Covid-19", écrit Serge Deygas dans un courrier adressé au préfet Pascal Mailhos, que l'AFP a pu consulter jeudi.

Interrogée, la préfecture confirme que la Covid-19 a touché récemment jusqu'à 13 personnes au sein du CRA - dont la capacité d'accueil a été réduite d'une centaine à environ 80 places en raison de l'épidémie - mais affirme que le pic est passé désormais.

Une situation sous contrôle selon la préfecture

"La situation est sous contrôle; le virus ne circule plus", estime le sous-préfet Clément Vivès.

"Compte tenu de la promiscuité entre les retenus et de l'impossibilité de respecter, dans ces conditions, le protocole sanitaire, il est fort à craindre que d'autres soient également contaminés dans les jours à venir", redoute malgré tout le bâtonnier. Il demande donc au préfet de "mettre temporairement fin à tout placement en rétention administrative", alors que les entrées se poursuivent pour l'heure.

De son côté, la préfecture assure que les cas positifs, les cas négatifs, les personnes retenues ayant refusé d'être testées et les nouveaux entrants, ne peuvent être en contact les uns avec les autres, et qu'il n'y a donc "aucune raison sanitaire" de suspendre les entrées.

Une augmentation de la population

Quant aux ouvertures et fermetures de frontières, "ça change tous les jours", indique le sous-préfet, ajoutant qu'il existe toujours des possibilités d'éloignement vers certains pays du Maghreb ou la Russie dont les frontières sont officiellement fermées.

Pour l'association Forum réfugiés, mandatée pour assister les personnes retenues au CRA de Lyon-Saint-Exupéry, "les contaminations sont liées à une augmentation de population" consécutive aux deux attentats de Conflans-Sainte-Honorine et Nice.

"C'est très récent et ça va très vite", indique son directeur-adjoint Assane Ndaw, précisant que les premières contaminations remonteraient à "début novembre", alors que le CRA avait été épargné lors de la première vague.

Avocate au barreau de Lyon, Safiha Messaoud dénonce de son côté une "politique du chiffre" de la part des autorités, incompatible avec le contexte sanitaire. "Certains retenus refusent le test car ils savent que c'est une des conditions pour être renvoyés vers leur pays", précise Me Messaoud.

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a alerté mardi les ministres de la Justice, de la Santé et de l'Intérieur sur l'insuffisance des protocoles sanitaires dans les prisons et les CRA, recommandant leur fermeture provisoire ou une baisse "drastique" de leur activité.

Cyrielle Cabot avec AFP Journaliste BFMTV