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Un sketch de Kev Adams et Gad Elmaleh accusé de racisme

Kev Adams et Gad Elmaleh au festival de Cannes en mai 2016.

Kev Adams et Gad Elmaleh au festival de Cannes en mai 2016. - Alberto Pizzoli - AFP

Un journaliste de Clique dénonce dans une tribune un sketch où les deux humoristes imitent l'accent chinois.

"Moi, Asiatique, j'ai mal devant le spectacle de Kev Adams et Gad Elmaleh". Dans une tribune publiée sur le site Clique.tv, le journaliste Anthony Cheylan dénonce un sketch de leur spectacle, Tout est possible, où les deux humoristes imitent des accents chinois et japonais. Déguisé en chinois, Kev Adams lance un "bondour" et tente une référence à "La Reine des Nems". Avec sa tresse postiche, il mime des enchaînements de kung-fu. Lorsque Gad Elmaleh le rejoint sur scène, lui aussi grimé en vieux sage, celui-ci déclare: "Je suis en train de niquer 20 ans de carrière là, même la perruque n’y croit pas."

"On s’imagine alors qu’on va assister à un sketch meta, qui va dénoncer cet humour raciste que l’on pensait disparu en même temps que la carrière de Michel Leeb", écrit le journaliste affilié à Canal+, avant de poursuivre: "Le jeune humoriste continue ses imitations et déroule des blagues racistes (et éculées) pendant quatre longues minutes. Pire encore: en jouant vaguement la distanciation, Gad Elmaleh ne sert qu’à donner bonne conscience à son binôme et au public."

"J’ai honte parce que les Asiatiques sont sous-représentés dans nos médias"

D'origine vietnamienne, le journaliste décrit sa honte: "J’ai honte parce que les Asiatiques sont sous-représentés dans nos médias. J’ai honte parce que l’une des rares fois où une œuvre artistique les évoque à une heure de grande écoute, c’est pour les ridiculiser. Cette année en France, une chroniqueuse TV et une blogueuse se sont faites reprendre pour s’être grimées le visage en noir. Mais les deux humoristes les plus populaires du pays peuvent faire une tournée avec un sketch de dix minutes qui véhicule les pires clichés sur les Asiatiques, le présenter en prime-time et personne n’est choqué."

Quelques mois après l'agression à Aubervilliers de Chaolin Zhang, un commerçant d'origine chinoise, "personne ne devrait accepter que des gens s’amusent à se déguiser et s’approprier des symboles culturels, pour ridiculiser des communautés et véhiculer les pires clichés". Il conclu par ces mots: "Que vous fassiez partie de cette communauté ou pas, nous devrions toutes et tous nous sentir concerné(e)s."

J.L.