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The Voice: qui est Bruno Berberes, le dénicheur de talents?

Bruno Berberes, directeur du casting du télé-crochet de TF1

Bruno Berberes, directeur du casting du télé-crochet de TF1 - The Voice

Un homme de l'ombre à qui de nombreux chanteurs doivent aujourd'hui beaucoup. Directeur des castings de The Voice, Bruno Berberes a pour mission de choisir ceux qui passeront (ou non) devant les quatre coachs de l'émission. Alors que le télécrochet démarre sa cinquième saison ce samedi sur TF1, rencontre avec ce découvreur de talents hors pair.

Sans lui, les carrières de Kendji Girac, Louane Emera ou des Frero Delavega n'en seraient certainement pas au même point. Lui, c'est Bruno Berberes, le directeur des castings de The Voice depuis la première saison du télé-crochet sur TF1. Ce passionné de musique, homme affable et amoureux des artistes fut le premier a être recruté par Shine France sur le programme. Pas un hasard au regard du parcours et de la réputation de cet infatigable chercheur de voix.

Pourtant, cette collaboration à The Voice était loin d'être une évidence pour celui qui garde un souvenir amer d'une saison passée sur Nouvelle Star. Alors pourquoi se lancer dans The Voice alors que les émissions de talents lui "font horreur"? Parce que l'émission défend finalement ses valeurs: la voix. "Leur combat était mon combat, confie Bruno Berberes. C'était une revanche pour ces artistes qui ne rentraient pas dans les "clichés esthétiques" des autres télé-crochets."

Mais avant d'accepter, celui qui a travaillé sur les comédies musicales Les Dix commandements, Le Roi Soleil ou Mozart: l'opéra rock a posé ses conditions: "J'ai demandé que les castings correspondent à la vraie vie, que les artistes soient extrêmement bien traités, que ce soit sur rendez-vous et non pas avec des files d'attentes sur le trottoir pendant des heures". Conditions acceptées. Dans les coulisses, l'aventure The Voice commence.

"Aller là où TF1 et les télé-crochets sont le Diable"

Si Bruno Berberes est devenu une référence dans l'art de repérer les talents vocaux, l'homme n'est pas du genre à tirer la couverture sur lui-même. Dans ce café parisien où il nous raconte son rôle tenu dans cette émission phare de TF1, l'homme insiste pour citer toutes les personnes qui l'accompagnent dans son travail, à commencer par Damien Proffit, directeur général adjoint en charge des productions et de la gestion à Shine France (et qui est venu le chercher en premier), Thierry Lachkar, président de Shine France et Bouchra Réjani, directrice générale de la boîte de production.

Pour dénicher ceux qui auront la chance de participer à l'émission, Bruno Berberes regarde bien sûr les candidatures spontanées qu'on lui envoie, mais il va surtout sur le terrain et parcourt les routes françaises, n'hésitant pas à caster les artistes dans "des endroits où TF1 et les télé-crochets sont le Diable", comme au Printemps de Bourges. "C'est comme ça qu'on a réussi à intéresser des Dominique Magloire, Amalya ou Vigon et qu'on a basculé dans quelque chose de plus hors du commun", assure le directeur de casting. 

Car dans The Voice, les 'Talents' ne débarquent pas sur le plateau par hasard. Le public réclame le meilleur, rien que le meilleur. Bruno Berberes aussi. Et pour atteindre ce but, mieux vaut être persévérant et patient. "Il y a énormément d'étapes où on va à la rencontre des artistes. Le secret, c'est qu'on ne fait pas que les caster, on va discuter avec eux," explique celui qui travaille en binôme avec Jeanne Collin, directrice des castings pour Shine France: "Moi je m’occupe du recrutement et du traitement des artistes, même pendant l’émission et elle s’occupe de toute l’organisation, y compris le 'chouchoutage'. On travaille très bien en harmonie."

"J'aimerais que ma boulangère te connaisse!"

Celui qui assure être "comme un enfant devant les artistes" a constitué autour de lui une équipe de chanteurs et de musiciens pour partir à la recherche des futurs Talents. "J’ai l’arrogance de dire que j’ai été le premier à faire ça. Pour parler aux chanteurs, je pense que c’est mieux si tu es chanteur et que tu t’y connais en musique", avoue-t-il. A ses côtés: Alexandre Esteban, Laure Domanski et Marcos Escudero. "Ils me suivent suivent partout, ce sont les trois fidèles depuis le début et ils sont un peu la mémoire de l'émission."

C'est ensemble que le quatuor tente de convaincre des artistes parfois réticents à venir devant les caméras de TF1. Face à des chanteurs comme le singulier Luc Arbogast par exemple, Bruno Berberes connaît parfaitement les mots qui permettront de rassurer et convaincre les chanteurs de venir: "L'argument est simple: The Voice est une vitrine. Et je leur dis également: 'J'aimerais que ma boulangère te connaisse!' C'est une façon de leur démontrer que ce sont aux artistes de venir vers les gens. Et il y a une solution pour ça: la télévision".

S'il ne dévoilera rien sur cette saison 5 dont il est fier "pour des raisons artistiques et humaines", Bruno Berberes avoue qu'il est toujours compliqué de voir "ses" artistes passer enfin devant les coachs: "Avec les années, on finit par faire un deuil. On sait qu’ils ne vont pas se retourner pour tout le monde. Mais parfois, c’est incompréhensible... dans les deux sens!"

La saison 5 de "The Voice" démarre le 30 janvier
La saison 5 de "The Voice" démarre le 30 janvier © TF1

"A partir du moment où les artistes rencontrent le succès, ça m'intéresse moins"

Parmi les souvenirs les plus délicats des éditions précédentes, le directeur de casting ne cache pas s'être "senti un peu meurtri" par le sort d'Esther Galil, interprète du Jour se lève, retournée dans l'oubli après son tube et venue tenter sa chance dans The Voice en 2013. Garou, qui avait pourtant sorti une reprise de sa chanson ne s'est pas retourné, comme ses trois camarades. Un souvenir compliqué pour Bruno Berberes, même si la chanteuse a malgré tout bien vécu ce retour éphémère dans la lumière.

Pourtant, ce sont bien les "moments difficiles" qui intéressent Bruno Berberes, qui se décrit avec humour comme une "sage-femme". Il accouche des talents, donne naissance à des artistes. Il vit pour "l'avant", jouant les pères protecteurs. "A partir du moment où ça marche pour les artistes et qu'ils rencontrent le succès, ça m'intéresse beaucoup moins." Ce qui ne l'empêche pas d'être très heureux de voir trois anciens de The Voice (Kendji Girac, Louane, Fréro Delavego) nommés cette année aux Victoires de la musique. "Les Victoires se pinçaient le nez avant, j'ai apprécié le changement", s'amuse-t-il.

Avec lucidité et un petit pincement au coeur, Bruno Berberes poursuit: "Quand un artiste, comme Louane rencontre autant de succès, et j'en suis fier, ça ne m'appartient plus, ce n'est plus mon histoire, c'est la leur". Jamais inquiet pour ses anciens protégés? "Si, ce qui se passe après et le business autour d'eux me laissent parfois très songeur. Je suis inquiet pour eux quand ils n’ont pas le pouvoir. J’ai vu des catastrophes se passer, des gens faire The Voice et se planter alors qu’ils n’auraient pas dû..."

"Stéphan Rizon, c'est un malentendu"

Un exemple en tête? Stéphan Rizon, vainqueur de la saison 1, un "malentendu" selon Bruno Berberes qui confie: "C’est un profond amateur de jazz, un merveilleux artiste qui chante beaucoup de blues, de gospel et il a gagné The Voice devant les favoris en chantant Caruso et Johnny Hallyday. C’est donc le chanteur de Caruso et de Johnny qui gagne, ce que lui n'a pas compris puisqu'il a sorti un album de compos en anglais après l'émission. Les gens ont été déçus, car ce n’était pas ce qu’ils attendaient..."

Si The Voice a changé la vie de jeunes chanteurs dont les albums s'écoulent désormais à plusieurs milliers d'exemplaires ou qui se sont retrouvés propulsés en tête d'affiches de spectacle, l'émission a eu un impact également sur celle de Bruno Berberes. L'homme, qui a aussi un passé de chanteur, est devenu un incontournable de la scène musicale française et derrière les grandes comédies musicales du moment et à venir (Résiste, Les Trois Mousquetaires, Saturday Night Fever, Timéo, Le Rouge et le Noir, Flashdance, Love Circus...), c'est toujours son nom que l'on retrouve.

Mais à la question de savoir s'il est finalement meilleur qu'un autre, le dénicheur de talents fait profil bas: "Je ne sais pas si je suis meilleur qu'un autre, mais on s'améliore forcément en travaillant. Et je travaille beaucoup..." A la recherche permanente de talents et de voix pour The Voice ou ses spectacles, Bruno Berberes va continuer à parcourir la France entière, les festivals, les scènes ouvertes, les écoles... Mais l'homme est aussi disponible pour découvrir toutes les candidatures qu'on voudrait lui soumettre. "C’est extrêmement facile de nous rencontrer. Un chanteur aujourd’hui qui veut faire The Voice et qui ne sait pas comment nous rencontrer, il le fait exprès!" Les futurs Louane, Kendji ou Lilian Renaud n'auront donc aucune excuse...