BFMTV

Quand Nicolas Sarkozy voulait que le patron de France Télévision vire Laurent Ruquier et Patrick Sebastien

Laurent Ruquier et Patrick Sébastien étaient sur la fameuse "liste noire" de l'ancien président de la République.

Laurent Ruquier et Patrick Sébastien étaient sur la fameuse "liste noire" de l'ancien président de la République. - FTV

Dans son livre Les Ailes intérieures, Patrick de Carolis rapporte que l'ancien président de la République lui avait demandé quelques contreparties pour le reconduire à son poste en 2010.

Patrick de Carolis confirme l'existence de cette fameuse "liste noire", cette liste d'animateurs que Nicolas Sarkozy, alors président de la République, ne voulait plus voir sur le service public. Dans son livre Les Ailes intérieures, à paraître ce jeudi 8 septembre aux éditions Plon, l'ancien patron de France Télévisions révèle les requêtes que lui avait faites l'ancien chef de l'Etat au moment où il cherchait à être reconduit à son poste en 2010.

Dans un entretien au Parisien, Patrick de Carolis, dont le procès pour "favoritisme" dans un volet de l'affaire Bygmalion commencera dans deux mois, sort de son silence. Avouant en avoir "assez d'entendre des incohérences" sur son mandat à la tête de France Télévisions, l'actuel directeur du musée Marmottant Monet, rétablit sa vérité: "Je suis fier de mon bilan, et blessé que le CSA n'ait jamais reconnu officiellement la qualité de mon travail, pour ne pas embarrasser le président de la République de l'époque, qui avait pourtant dit qu'il jugerait sur les résultats".

"Je préférais ne pas être réélu que l'être par bassesse"

Dans son livre, Patrick de Carolis confie que Nicolas Sarkozy l'aurait assuré de le reconduire à son poste à une condition: qu'il se sépare de plusieurs personnalités parmi lesquelles Patrice Duhamel, Arlette Chabot, Franz-Olivier Gilbert, Laurent Ruquier ou encore Patrick Sébastien. Dans Le Parisien, l'ancien patron de France Télévisions confirme à nouveau: "Clairement". Et de poursuivre: "Patrice Duhamel était au courant, il m'a proposé sa démission. J'ai refusé parce que, humainement, ce n'est pas comme ça que je gère ma vie."

Celui qui fut à la tête de France Télévisions de 2005 et 2010 explique alors pourquoi il a refusé de répondre favorablement à la demande de l'ancien président: "Je trouvais qu'accepter aurait fragilisé mon second mandat. On ne bâtit pas l'avenir en laissant tomber ses collaborateurs. Surtout qu'ils n'avaient pas démérité. Je préférais ne pas être réélu que l'être pas bassesse."