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Manifestation pro-israélienne: un journaliste pris à partie devant l'AFP

Les locaux de l'AFP à Paris, dans le IIe arrondissement.

Les locaux de l'AFP à Paris, dans le IIe arrondissement. - Google Maps

Un journaliste de Buzzfeed a été violenté jeudi soir, lors d'une manifestation organisée par des militants pro-israéliens, devant les locaux de l'AFP à Paris. Il a porté plainte contre X.

Il s'en est sorti avec quelques coups dans le dos et sur la tête. Jeudi soir, David Perrotin, journaliste à Buzzfeed, s'est trouvé pris à partie par des manifestants pro-israéliens, devant le siège de l'Agence France Presse (AFP), à Paris. Il a porté plainte contre X, vendredi après-midi. Environ 200 personnes s'étaient réunies à 18 heures, devant les locaux de l'AFP, pour dénoncer le traitement par l'agence de presse de la situation au Proche-Orient, qualifié de "désinformation".

Revendiquée sur Twitter par la Ligue de défense juive (LDJ), et l'association Impact, la manifestation était organisée par l'Organisation juive européenne (OJE), association de lutte contre l'antisémitisme. "C'est nous qui avons fait la demande auprès de la préfecture. Nos revendications étaient claires et démocratiques. Nous voulions ouvrir le dialogue avec les journalistes de l'AFP, de façon pacifique", assure Franck-David Cohen, porte-parole de l'organisation, contacté par BFMTV.com. Pour lui, les dérapages sont le fait de "20 ou 30 mecs un peu excités" n'appartenant pas à l'OJE. "Nous n'avons rien à voir avec la LDJ, on ne travaille pas avec eux", ajoute-t-il.

"Personnes cagoulées armées de bâtons"

"Vous ne méritez pas votre carte de presse" ou "AFP collabos", pouvait-on entendre en bas de l'immeuble situé face à la Bourse, au milieu de pétards et de jets de projectiles, comme en témoigne une vidéo prise par David Perrotin et postée sur Twitter. Le journaliste de Buzzfeed tweete ensuite qu'"une partie des militants LDJ se cagoulent devant les CRS", puis "Les CRS viennent en nombre protéger @afpfr. Plusieurs drapeaux de la LDJ".

"Une manifestante me dit: 'je préviens la LDJ que vous êtes là Monsieur Perrotin'", explique-t-il encore. De son côté, Franck-David Cohen affirme que, devant la tournure de la manifestation, "on a appelé nos militants à se disperser".

Deux journalistes de Metronews présentes sur les lieux évoquent alors "une dizaine de personnes cagoulées et pour certaines armées de bâtons", se dirigeant vers David Perrotin. Celui-ci est alors violenté, avant d'être mis en sécurité par les forces de l'ordre. Une information confirmée par Cécile Dehesdin, rédactrice en chef de Buzzfeed, qui précise dans un article publié ce vendredi après-midi: "David Perrotin a déjà couvert la LDJ et ses alliés. Se sachant reconnu, il s’est écarté du rassemblement et s’est dirigé vers les fourgons de CRS stationnés à quelques mètres de la place de la Bourse".

"Désinformation jusqu'au bout"

Un policier conseille alors au journaliste de rejoindre d'autres agents en faction devant l'entrée de l'AFP. C'est alors que, courant vers le cordon de CRS, David Perrotin est frappé par des manifestants. Touché à la tête et dans le dos, il se réfugie auprès des CRS, qui le prennent dans un premier temps pour un manifestant, avant de comprendre qu'il est journaliste. "Ils l’ont alors laissé entrer se réfugier dans les locaux de l’AFP en repoussant les militants de la LDJ avec leurs matraques", conclut Cécile Dehesdin.

Une version des faits contestée par la LDJ, qui a tweeté: "Le journaliste @DavidPerrotin a bien été pris à parti ce soir lors de la #ManifAFP. Mais par la police! Désinformation jusqu'au bout..."

A l'issue de la manifestation, précise l'AFP dans une dépêche vendredi soir, deux responsables d'Impact ont été reçus à leur demande par la directrice de l'Information de l'AFP, Michèle Léridon. Celle-ci a expliqué que l'AFP était "pleinement consciente de la sensibilité du conflit israélo-palestinien, qui suscite des commentaires de la part de tous les acteurs". Elle a regretté la violence et les propos injurieux proférés par certains manifestants, rappelant que chacun devait "faire preuve de responsabilité, aussi bien les journalistes que les observateurs" du conflit.

M. R.