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La diversité mieux représentée à la télé grâce aux séries américaines  

Les séries américaines, à l'image de Grey's Anatomy (diffusée sur TF1), participent à mieux représenter la diversité à la télévision.

Les séries américaines, à l'image de Grey's Anatomy (diffusée sur TF1), participent à mieux représenter la diversité à la télévision. - Capture d'écran

Le CSA, qui réalise chaque année depuis 2009 un baromètre destiné à évaluer la perception de la diversité de la société française à la télévision, a dévoilé ses résultats pour l'année 2017.

La diversité de la population française a mieux été représentée en 2017 à la télévision, notamment grâce aux séries américaines. C'est ce que montre le baromètre annuel du CSA, qui souligne cependant que les rôles négatifs continuent souvent d'être joués par des personnes non-blanches.

Parmi les 50.000 personnes indexées dans plus de 1000 heures de programmes diffusés par 17 chaînes, le CSA a recensé 19% de personnes non-blanches, contre 16% en 2015. Les personnes perçues comme blanches restent largement majoritaires (81%).

"On a franchi un palier", souligne Mémona Hintermann, conseillère du CSA en charge des questions de diversité. "Il y a un bond en termes de volume. Mais des problèmes persistent en termes de représentation".

La proportion de personnes perçues comme "non-blanches" a augmenté dans tous les genres: programmes d'information, magazines, fictions et documentaires, hors divertissements et sport. 

Une augmentation flagrante dans les fictions

C'est dans la fiction que l'augmentation est la plus flagrante et que les personnes non-blanches sont les plus représentées (23% contre 17% en 2015). La part de cette catégorie est notamment de 29% dans les fictions américaines, contre 20% dans les fictions françaises.

Dans les fictions comme dans les autres programmes, les rôles à connotation négative continuent cependant d'être occupés largement par des personnes perçues comme "non-blanches" (31% de ces rôles). Leur proportion est notamment très fortement supérieure dans les activités marginales ou illégales (45%).

Si les statistiques ethniques restent interdites en France, le CSA a pu relever que les personnes vues comme "noires" représentaient désormais plus de la moitié des personnes perçues comme "non-blanches" dans les programmes audiovisuels (contre 45% en 2015). 

Les personnes vues comme "arabes" sont moins nombreuses en 2017 (22% contre 28% en 2015). La proportion des personnes vues comme "asiatiques" a également diminué et passe de 14% en 2015 à 11% en 2017.

La précarité, invisible à la télévision

La représentation de la diversité continue d'avoir de grands absents, selon le CSA: les personnes en situation de handicap. Selon le baromètre, moins de 1% des individus indexés sont perçus comme étant en situation de handicap, alors que 12 millions de Français seraient touchés par un handicap (visible ou invisible) selon l'Insee.

Le Conseil a également mesuré pour la première fois cette année la représentation des personnes en situation de précarité (chômeurs, bénéficiaires du RSA, SDF, jeunes déscolarisés), soit environ 3,4 millions de personnes en France. Le nombre de personnes perçues comme étant en situation de précarité sur 2017 ne s'élève qu'à 5%.

"Où sont les Jean Valjean aujourd'hui à la télévision?", s'interroge Mémona Hintermann. "L'écran est une loupe assez déformante: on y voit une France plutôt au-dessus de la moyenne". "C'est pourtant une question importante d'estime personnelle pour les téléspectateurs".

Etablir un dialogue avec les producteurs de télévision

Une loi de 2017 donne au Conseil supérieur de l'audiovisuel la mission de veiller "à ce que la diversité de la société française soit représentée dans les programmes des services de communication audiovisuelle et que cette représentation soit exempte de préjugés". 

Pour promouvoir cette diversité, le CSA ne peut pas fixer des objectifs chiffrés aux chaînes, mais seulement se baser sur ces bilans pour dialoguer avec leurs dirigeants et les producteurs de télévision. 

Pour le prochain baromètre, le Conseil se penchera sur les stéréotypes liés aux adresses postales des individus, souvent mises en cause comme un critère discriminant, notamment lors d'entretiens d'embauche.

N.B. avec AFP