BFMTV

Dossier Tabou: les jeunes de Sevran donnent leur version des faits

Dossier Tabou

Dossier Tabou - Capture d'écran M6

Le groupe de jeunes ayant eu une altercation avec Bernard de la Villardière en Seine-Saint-Denis témoigne à la suite de la séquence diffusée mardi dernier sur M6.

Changement d'angle. L'agression de Bernard de la Villardière et son équipe par un groupe de jeunes hommes de Sevran en Seine-Saint-Denis lors d'une enquête du terrain a également été filmée par les jeunes en question.

Mise en ligne sur Buzzfeed France, la vidéo tournée par l'un des jeunes montre une version légèrement différente de l'échange entre l'animateur et les trentenaires dévoilé dans l'émission Dossier Tabou diffusée mardi dernier sur M6. La bande donne par ailleurs sa version des faits à nos confrères.

"Lorsqu’on a vu les trois caméramans et l’animateur devant le propriétaire de la mosquée, on est allés les voir pour les saluer et pour avoir des précisions sur les motifs du reportage. On s’est demandé qui était cet imam qui n’a jamais mis les pieds à Sevran. Sauf qu’aucun des journalistes n’a répondu à nos 'bonjour'. La Villardière nous a simplement ignorés et a dit à son équipe: 'C’est bon on tourne'", explique Ousmane, 33 ans.

"Je suis dans mon pays"

Le groupe avoue alors avoir voulu perturber le tournage. La situation est rapidement devenue tendue entre les deux parties.

"Vous allez me laisser bosser? (…) Ça vous embête qu’on parle de cette mosquée?", s’est emporté Bernard de La Villardière. "A raconter de la merde, ouais ça nous gêne", a rétorqué un des jeunes avant que l'animateur ne reprenne de plus belle: "Quelle merde? Ça te regarde? Je fais ce que je veux. Je suis dans mon pays, et j’ai le droit de faire ce que je veux, d’accord? (…) Arrête de me toucher, OK?".

Dans le reportage diffusé sur M6, la voix off évoque "un mélange de salafistes et de dealers de drogue", pour décrire les Sevranais. Des mots qui ont du mal à passer auprès des jeunes:

"Ça fait mal d’entendre ça car il ne nous laisse aucune échappatoire. On est soit l’un, soit l’autre, mais dans tous les cas, aux yeux de la majorité des Français, on est hors-la-loi. J’aurais préféré qu’il nous insulte de 'connards', au moins c’est ni suspect ni illégal", expliquent-ils enfin. 
Romain Iriarte