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Installation de Meghan et Harry au Canada: ce qu'en pensent les Canadiens

Meghan et le prince Harry, en octobre 2018 à Sydney

Meghan et le prince Harry, en octobre 2018 à Sydney - SAEED KHAN / AFP

Comment les Canadiens prennent-ils la nouvelle de l'installation dans leur pays de Meghan et Harry?

La décision du prince Harry et de son épouse Meghan Markle de vivre entre le Royaume-Uni et le Canada, sans totalement tourner le dos à la monarchie, a ébranlé la couronne britannique. Mais qu'en pensent les Canadiens, directement concernés par cette décision du duc et de la duchesse de Sussex?

Le prince Harry, sixième dans l'ordre de succession au trône, et son épouse Meghan ont annoncé leur décision de renoncer à leurs obligations protocolaires après un séjour de plusieurs semaines au Canada, où ils ont passé les fêtes de fin d'année avec leur fils Archie.

Meghan connaît bien le Canada. L'ex-actrice américaine y a vécu plusieurs années lorsqu'elle jouait dans la série Suits.

Le couple princier a également des "amis" au Canada, explique à l'AFP David Johnson, spécialiste de la royauté à l'université du Cap-Breton, dans la province de Nouvelle-Ecosse.

"Moins de harcèlement"

Quand elle s'est installée à Toronto en 2011, Meghan a rencontré la styliste Jessica Mulroney, épouse du présentateur Ben Mulroney, fils d'un ancien Premier ministre canadien, qui est devenue une amie proche.

A tel point que, selon la presse britannique, la Canadienne de 39 ans aurait assuré la garde du petit Archie, âgé de 8 mois, pendant que le couple se rendait au Royaume-Uni pour annoncer sa décision de renoncer à ses obligations protocolaires.

Le Canada est "un refuge assez sûr pour eux", ajoute l'universitaire David Johnson.

Selon lui, le couple peut s'attendre à "moins de harcèlement" de la part de la presse qu'au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, alors que Harry et Meghan n'ont pas caché leur malaise face aux attaques des tabloïds britanniques sur leur train de vie et leur difficulté à trouver leur place dans la famille royale.

L'annonce du couple princier a été en grande partie éclipsée dans la presse canadienne par l'accident du Boeing ukrainien abattu "par erreur" par l'Iran, qui a viré à la tragédie nationale au Canada, d'où sont originaires 57 des 176 victimes.

Coûts de leur protection

En revanche, depuis le début de la semaine, les médias s'interrogent sur les coûts liés à la protection du prince Harry et de Meghan et pour savoir qui, au final, paiera la note.

Des médias ont estimé ces coûts à environ 1,7 million de dollars canadiens (1,2 million d'euros). Le gouvernement canadien n'a cependant pas encore décidé s'il les assumerait, a assuré le Premier ministre Justin Trudeau, sans rien exclure.

Le quotidien National Post a estimé mardi que Harry et Meghan devraient agir "comme tous les autres" et faire une demande de citoyenneté canadienne avant de venir vivre dans le pays.

"Anachronisme grotesque"

Un éditorialiste du Post estime que "le Megxit" a "réveillé une sorte de monarchisme dormant" chez certains Canadiens, tout en provoquant "l'indignation totale de ceux qui pensent que les monarchies sont d'un anachronisme grotesque".

Plus cinglant, le Globe and Mail de Toronto a exhorté mardi Justin Trudeau à refuser au couple de venir s'installer au Canada, invoquant dans un éditorial le fait que le pays n'a "jamais eu de système de classes avec des aristocrates héréditaires comme la Grande-Bretagne".

Bien des Canadiens se montrent plus accueillants que leurs médias. Une majorité d'entre eux (61%) aimeraient même voir le prince Harry devenir leur prochain gouverneur général, représentant la reine Elizabeth II dans cette ex-colonie britannique, selon un récent sondage.

Harry, gouverneur général?

Harry n'a pourtant jamais publiquement exprimé d'intérêt pour ce poste, occupé depuis les années 1950 par des Canadiens, comme l'actuelle gouverneure générale, l'ancienne astronaute Julie Payette.

Cette idée recueille ses plus fermes soutiens dans les provinces anglophones du Canada.

"Les Québécois seraient les moins intéressés et les plus prompts à dire qu'il faut rompre les liens avec la monarchie britannique", affirme David Johnson.

"Il n'y a pas d'affection profonde pour la famille royale" au Québec, seule province canadienne comptant une majorité de francophones et cédée par la France à l'Angleterre en 1763, note-t-il.

M. R. avec AFP