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Vente historique d'objets ayant appartenu à Napoléon

L'un des bicornes de Napoléon, mis aux enchères les 15 et 16 novembre prochains à Fontainebleau.

L'un des bicornes de Napoléon, mis aux enchères les 15 et 16 novembre prochains à Fontainebleau. - Patrick Kovarik - AFP

Une vente exceptionnelle d'objets ayant appartenu à Napoléon 1er, et issus de la collection des Grimaldi, est organisée les 15 et 16 novembre.

Grace de Monaco chasse Napoléon. La famille Grimaldi a besoin de place pour un musée dédié à la princesse. Et se sépare donc d'une partie de sa collection d'objets ayant appartenu à l'empereur français.

"Face à la nécessité de réaménagements au sein du Palais, qui aboutiront à une nouvelle mise en valeur patrimoniale, j'ai préféré, par l'organisation d'une vente visible et groupée, redonner une vie aux objets et aux reliques qui avaient été rassemblées, plutôt que de les voir conservés à l'ombre", indique ainsi le prince Albert, en préambule du catalogue.

La collection, constituée au début du 20e siècle par l'aïeul d'Albert de Monaco, Louis II, a été enrichie par son père, le prince Rainier III. Cette vente historique, qui se tiendra les samedi 15 et dimanche 16 novembre à Fontainebleau, en Seine-et-Marne, comporte 1.000 lots, dont certains à des prix accessibles au grand public, estimés à partir de 100 euros.

Bicorne et foulard

A ce prix-là, on ne peut espérer mettre la main que sur une simple gravure ou une poire à poudre, mais les collectionneurs fortunés pourront acquérir des objets plus emblématiques, comme un des célèbres bicornes de Napoléon (estimé entre 300.000 et 400.000 euros), un buste en bronze (entre 5.000 et 6.000 euros), ou encore un foulard porté par l'empereur (pièce rare, estimée entre 6.000 et 8.000 euros).

Et si l'on peut craindre de voir partir à l'étranger ou vers des collections particulières des objets importants, le musée de l'Armée, mais aussi le Louvre, les châteaux de Malmaison, de Compiègne et de Fontainebleau se trouveront sans doute parmi les acquéreurs.

Tentative d'assassinat

Jean Tulard, grand spécialiste de Napoléon, cité par Le Parisien, explique également: "Je ne vois pas de pièce dans cette collection, dont le départ à l'étranger me fendrait le coeur, même s'il y a de très belles choses". L'historien explique par ailleurs que, dans le passé, des ventes "en douce" ont, elles, vu partir des "pièces importantes".

La vente agite depuis plusieurs semaines les passionnés de la légende napoléonienne tant en France qu'à l'étranger. "C'est une collection très connue, la provenances des oeuvres est incontestable", souligne Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon interrogé par l'AFP.

En outre, depuis plusieurs années, "on assiste à un retour en force de l'art Empire, du néo-classicisme", auquel s'intéressent de nombreux collectionneurs, ajoute-t-il.

Parmi les objets exceptionnels de cette vente, on trouve ainsi les chaussons de baptême du roi de Rome, fils de Napoléon et de Marie-Louise (estimation de départ 80.000 euros), le poignard qui a servi à la tentative d'assassinat de Friedrich Staps contre l'empereur à Vienne (estimé 12.000 euros), une chemise portée par Napoléon en exil à Sainte-Hélène, son superbe fusil de chasse (estimé 60.000 euros).

Sommes record

Les prix pourraient s'envoler, comme lors de précédentes ventes où des objets ayant appartenu à Napoléon ont atteint des sommes record. Comme ce sabre porté par l'empereur, vendu 4,8 millions d'euros en 2007. Mercredi dernier, un collier de perles porté par Joséphine a, lui, été vendu 2,73 millions d'euros.

Les sentimentaux pourront, eux, acquérir une jolie petite bourse brodée ayant appartenu à Joséphine (2.000 euros), le bulletin de santé de Marie-Louise (1.000 euros), ou une petite robe de baptiste blanche et des chaussons de soie portés par le roi de Rome bébé (entre 70.000 et 80.000 euros). De quoi faire rêver les passionnés. Faute de se rendre à Fontainebleau pour cette événement organisé par la maison Osenat, on peut toujours feuilleter en ligne le catalogue, qui décrit les objets avec force détails et en raconte l'histoire. 

Magali Rangin / Sujet vidéo Grégoire Pelpel