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Nue au musée d'Orsay: une artiste arrêtée pour exhibitionnisme

Le tableau de l'Olympia de Manet

Le tableau de l'Olympia de Manet - GIUSEPPE CACACE - AFP

Les faits se sont déroulés samedi après-midi devant le tableau de Edouard Manet, l'Olympia. Déborah de Robertis n'en est pas à son coup d'essai. En mai 2014, toujours au musée d'Orsay, elle avait exposé son sexe devant L'origine du monde de Gustave Courbet.

Une artiste luxembourgeoise, qui s'est allongée nue samedi devant l'Olympia de Manet au musée d'Orsay pour reproduire l'oeuvre sous les yeux des visiteurs, a été arrêtée et placée en garde à vue pour exhibition sexuelle. La garde à vue de Déborah de Robertis se poursuivait ce dimanche, après une interruption dans la nuit pour raisons médicales, selon son avocat, Tewfik Bouzenoune.

Samedi après-midi, alors que le public profitait des derniers jours de l'exposition "Splendeurs et misères, Images de la prostitution 1850-1910", l'artiste s'est dénudée et allongée, dans la même position que la jeune femme sur le célèbre tableau d'Édouard Manet, a-t-il expliqué. "Elle portait une caméra portative pour pouvoir filmer la réaction du public. Il s'agit d'une performance artistique", a ajouté Me Bouzenoune.

"Il y avait beaucoup de monde devant le tableau. Les agents ont bien réagi, ils ont fermé la salle, lui ont demandé de se rhabiller. Comme elle a refusé, la police a été appelée et l'a emmenée", a expliqué une porte-parole du musée d'Orsay, qui a porté plainte pour exhibition sexuelle.

En 2014 devant "L'origine du monde", déjà à Orsay

Des sources policière et judiciaire ont confirmé son placement en garde à vue. Déborah de Robertis n'en est pas à son coup d'essai. En mai 2014, toujours au musée d'Orsay, elle avait exposé son sexe devant L'origine du monde de Gustave Courbet (ci-dessous). Le musée avait déjà porté plainte, a indiqué la porte-parole. L'avocat de l'artiste a dénoncé une mesure disproportionnée. "Mettre un artiste en garde à vue, c'est un très mauvais signal", a -t-il protesté.

"Cette mesure de contrainte, qui est l'expression d'une pudibonderie judiciaire inquiétante, s'adresse à tous les artistes performeurs qui souhaitent s'exprimer de manière trop libre dans l'espace public", a ajouté Me Bouzenoune. Il a notamment cité l'artiste sud-africain Steve Cohen, reconnu coupable d'exhibition sexuelle en mai 2014 par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir dansé le sexe enrubanné relié à un coq lors d'un spectacle de rue, sur le parvis du Trocadéro à Paris. Il avait été dispensé de peine.

la rédaction avec AFP