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L'exposition à succès "David Bowie is" fait étape à Paris

David Bowie en 1973.

David Bowie en 1973. - Masayoshi Sukita - Sukita / The David Bowie Archive

L'exposition "David Bowie is" s'ouvre ce mardi, à la Philharmonie de Paris. L'occasion pour les fans du bel artiste aux yeux vairons de découvrir costumes de scène, photos et objets cultes.

Les costumes excentriques, photos et textes de David Bowie, exposés depuis deux ans à Londres, Berlin, Toronto, Chicago et Sao Paulo, sont visibles à partir de ce mardi à Paris, où l'exposition itinérante à succès pourrait atteindre la barre du million de visiteurs depuis son lancement en 2013.

Les quelque 300 objets culte réunis dans le cadre de cette exposition mêlant rock, mode et culture pop des quarante dernières années ont déjà attiré près de 900.000 spectateurs dans les cinq villes où elles ont été exposées, a indiqué Victoria Broackes, l'une des deux commissaires du Victoria and Albert Museum à Londres, en présentant vendredi cette rétrospective à la toute nouvelle Philharmonie de Paris, qui vient d'ouvrir ses portes au public près de La Villette, dans le nord-est de la capitale.

Costumes extravagants

Avec les quelque 200.000 amateurs espérés pour cette étape (20.000 billets sont d'ores et déjà vendus) jusqu'au 31 mai, la commissaire espère donc pouvoir accueillir le "millionième" visiteur à Paris, avant que l'exposition "Bowie is..." ne mette le cap sur l'Australie (Melbourne) puis les Pays-Bas (Groningen).

Costumes extravagants utilisés sur scène ou dans ses clips, paroles de chansons manuscrites, pochettes d'albums, instruments du maître, photos, vidéos, croquis de jeunesse et évidemment extraits sonores: tous les univers de Bowie, de ses premiers accords de guitare au dernier album paru en 2013, en passant par ses tubes, ses influences, ses héritiers et ses films, sont explorés dans une exposition d'une richesse impressionnante.

Les pièces proviennent en grande partie des archives de l'artiste, dont la carrière est née en janvier 1967 dans le quartier londonien défavorisé de Brixton, et dont les ventes de disques avoisinent aujourd'hui les 140 millions. "C'est un homme venu de nulle part, appelé David Jones, probablement le nom le plus commun que vous pourriez avoir en Angleterre, qui est devenu une superstar. Ses hauts et ses bas, la façon dont il a travaillé pour se développer sur le plan artistique, musical et personnel, il y a beaucoup à apprendre de tout cela", explique Victoria Broackes.

Ziggy Stardust

Déambulant aux sons de musiques de Bowie, le visiteur en apprendra ainsi beaucoup sur le goût de Bowie pour le hasard et la façon dont il a écrit certains textes en collant des phrases de façon aléatoire (technique du cut-up), en suivant le fameux de jeu de cartes de "stratégies obliques" créées par Brian Eno ou bien en utilisant un logiciel spécial pour générer ses textes.

L'exposition ressemble largement aux versions présentées à Londres, mais quelques pièces et tableaux ont été ajoutés pour lui donner une petite spécificité française. On y apprend par exemple que David Bowie avait donné à Paris, entre le 31 décembre 1965 et le 2 janvier 1966, ses tout premiers concerts hors d'Angleterre. De même, dans les années 1970, le créateur de Ziggy Stardust avait enregistré à deux reprises au studio du petit château d'Hérouville, dans le Val-d'Oise, en juillet 1973 (Pin Ups) puis en septembre 1976 (Low).

Glam rock

Le livre d'or du studio est ainsi exposé, avec une dédicace de la star. En marge de l'exposition, la Philharmonie présente plusieurs spectacles sur Bowie. Le chorégraphe Philippe Découflé proposera notamment une "grande célébration glam rock" autour de reprises de chansons du Britannique, interprétées par les chanteuses Sophie Hunger, Jehnny Beth et Jeanne Added aux côtés de danseurs et d'artistes de cirque. Cette création sera présentée à partir de ce mardi et jusqu'au dimanche 8 mars.

L'orchestre national d'Ile-de-France interprétera une création sur les années berlinoises (1976-79) de Bowie, les 7 et 8 mars. Un film retraçant l'exposition originelle au Victoria and Albert Museum sera par ailleurs diffusé dans près d'une centaine de salles en France et en Suisse, le 12 mars puis le 1er juin. Le Bowie acteur sera aussi de retour sur les grands écrans le 18 mars prochain avec une reprise de Furyo, un film de 1983 où il tient la vedette.

Pour les plus mordus, plusieurs livres paraissent à l'occasion de cette étape française, notamment une plongée dans le "glam rock" par Philip Auslander (éditions La Découverte/Philharmonie) et une biographie érudite de Bowie par le journaliste Bertrand Dermoncourt (éditions Actes Sud).

M. R. avec AFP