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Qui est Bertrand Lavier, l'auteur de la statue en hommage à Johnny Hallyday?

Le plasticien Bertrand Lavier en 2003

Le plasticien Bertrand Lavier en 2003 - Philippe Merle - AFP

Le plasticien est l'auteur de Quelque chose de..., scultpure de six mètres de haut rendant hommage aux passions du chanteur: la musique et la moto.

Paris célèbre Johnny Hallyday. En attendant le concert commémoratif organisé ce soir à l'Accor Arena, la maire Anne Hidalgo et Laeticia Hallyday vont inaugurer ce matin Quelque chose de..., une œuvre du plasticien Bertrand Lavier réalisée pour rendre hommage au Taulier.

La statue de 6 mètres de haut représente un mât en forme de manche de guitare, avec au sommet une Harley Davidson ayant appartenu à Johnny. "Dans les points de suspension, on entend plus ou moins de manière subliminale Quelque chose de Tennessee. Et à la fois c'est quelque chose de Johnny Hallyday, parce que les deux objets présentés sont iconiques de Johnny Hallyday", a analysé sur BFMTV Bertrand Lavier.

Cette représentation "figurative" de la star, selon son créateur, contestée par les écologistes parisiens, a finalement été approuvée par le Conseil de Paris. "C’est sa vraie moto, mais elle a été désossée, sans moteur, sans les éléments qui pourraient énerver les écolos", a indiqué Laeticia Hallyday dans Le Parisien. "Cette œuvre a déchaîné les passions, mais c’est bien. Johnny adorait faire parler de lui. Quand on ne parlait pas de lui, il était presque vexé."

Héritier direct de Marcel Duchamp

Considéré par Le Monde "comme l’un des plus directs héritiers de Marcel Duchamp", Bertrand Lavier est connu pour "son goût pour l’absurde, le pastiche, la parodie". Selon France Culture, il est un "véritable artiste conceptuel", qui s'intéresse "autant à l'histoire de l'art qu'à la culture populaire qu'il se plaît à mélanger dans ses œuvres, toujours marquées par l'idée de transgression d'un certain classicisme".

"L'art est un principe de vie. Ce qui me plaît, c'est la pensée qui traverse une œuvre, mais c'est aussi la manière d'y arriver", a-t-il expliqué à la radio culturelle. "Ce qui a été très sensible pour moi, c'était de voir qu'être artiste faisait qu'on avait une manière de traverser le quotidien qu'on pouvait choisir soi-même. Ce domaine là me semblait propice à mon rêve d’aventure extrêmement libre, à ma dérive personnelle."

Concilier la beauté d'une voiture et d'une œuvre d'art

Ingénieur horticole de formation, il puise dans le paysagisme pour réaliser des œuvres qui se caractérisent par une superposition d'objets. Comme le sémiologue Roland Barthes, ce chantre du "readymade" s'empare des mythologies contemporaines pour disséquer notre société et transformer en art des objets produits en série.

Il est ainsi l'auteur de Giulietta (1993), carcasse d'Alfa Romeo qu'il a décidé de "sauver", et Bocca/Bosch (2005), qui représente un congélateur surmonté d'un canapé en forme de bouche. "Lavier dépasse le rêve futuriste en réconciliant la beauté d'une voiture et celle d'une œuvre d'art", expliquait une brochure du Centre Pompidou à l'occasion d'une rétrospective.

Exposé dans le monde entier, cet artiste de 72 ans décrit également comme un "intégriste de rien" et "un postmoderne heureux" a reçu les honneurs du Centre Pompidou, de la Fondation Van Gogh d’Arles, de la Monnaie de Paris, du Palais de Tokyo et plus récemment de la Bourse de commerce.

https://twitter.com/J_Lachasse Jérôme Lachasse Journaliste BFMTV