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Nathalie Baye et Vincent Dedienne, mère et fils dans un étonnant court-métrage sur l'Opéra

Vincent Dedienne et Nathalie Baye dans le court métrage "Médée".

Vincent Dedienne et Nathalie Baye dans le court métrage "Médée". - Capture d'écran Youtube - Opéra national de Paris

Le chroniqueur de Quotidien et l'actrice incarnent une mère et son fils dans un court-métrage pour 3e Scène, la plateforme numérique de l'Opéra de Paris.

Aller voir un opéra dont l'héroïne est une mère infanticide, Médée, c'est la brillante idée qu'a eu une mère (Nathalie Baye) pour fêter son anniversaire en tête à tête avec son fils (Vincent Dedienne). Telle est l'histoire de ce court-métrage de 10 minutes, réalisé par Mikael Buch pour 3e Scène, la plateforme numérique de l'Opéra de Paris.

L'humoriste a co-écrit le scénario. On sent sa patte dans les dialogues qui font mouche. Les échanges entre la mère et son fils sonnent très juste et disent tout de l'incompréhension mutuelle qui règne entre un parent et son enfant devenu adulte. De cet amour plus difficile à exprimer, et qui se traduit par de l'agacement.

Envahissante et maladroite

Ils sont en avance. Il le lui reproche. "Je t'avais bien dit que ça ne servait à rien d'arriver si tôt, c'est pas un avion". D'ailleurs, il n'a aucune envie d'être là, il avait prévu un week-end à Londres avec des amis. Elle fait cliqueter ses bracelets sans arrêt, envahissante et maladroite, lui reproche son manque d'enthousiasme. Elle est aussi touchante qu'irritante. "Tu sais, c'est pas gratuit les places d'opéra", lui balance-t-elle, alors qu'il boude ostensiblement.

Elle a préparé des fiches sur Médée de Cherubini, l'opéra qu'ils s'apprêtent à découvrir, calés dans leur fauteuil capitonné de l'Opéra de Paris. "C'est une mine d'or Wikipédia, hein".

Puis la lumière s'éteint. L'opéra commence. Ils se jettent des regards à la dérobée. Il s'assoupit un peu, elle le réveille. Et la magie opère. Tous deux sont saisis, transportés, transis. La caméra se fixe alors sur leur visage métamorphosé par l'émotion. Longtemps après que la lumière est revenue dans la salle et que le public est parti, ils restent scotchés sur leur siège, sans parler. Une jolie pub pour l'opéra et le pouvoir de la musique.

Magali Rangin