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Musique

Un crooneur bangladais sommé par la police d'arrêter de massacrer le répertoire national

Le Crooner Hero Alom

Le Crooner Hero Alom - Munir uz zaman / AFP

Le crooneur de 37 ans s'est attiré les foudres de critiques, l'accusant de massacrer des titres classiques du prix Nobel de littérature bengali Rabindranath Tagore et du poète Kazi Nazrul Islam, deux trésors nationaux.

Un chanteur bangladais, star des réseaux sociaux, a été sommé par la police de cesser d'interpréter les classiques du répertoire national, à la suite de plaintes l'accusant de les massacrer.

Hero Alom compte près de deux millions de fans sur Facebook et près de 1,5 million sur YouTube où il diffuse depuis plusieurs années ses chansons dans des vidéos extravagantes.

Mais le crooneur de 37 ans s'est attiré les foudres de critiques, l'accusant de massacrer des titres classiques du prix Nobel de littérature bengali Rabindranath Tagore et du poète Kazi Nazrul Islam, deux trésors nationaux.

"Nous avons reçu de nombreuses plaintes contre lui", a déclaré à la presse, Harun ur Rashid, inspecteur en chef de la police de Dacca. "Il a totalement perverti le style (traditionnel). Nous lui avons demandé pourquoi il avait fait cela. Il nous a assuré qu'il ne le referait plus."

Hero Alom a affirmé avoir été "torturé mentalement" la semaine dernière en subissant un interrogatoire de la police. "La police est venue me chercher à six heures du matin et m'a gardé huit heures", a-t-il raconté mercredi à l'AFP dans son studio de Dacca, "ils m'ont demandé pourquoi je chantais des chansons de Rabindra et de Nazrul".

Les policiers lui ont demandé de cesser de chanter ces classiques et de signer un message "d'excuses". Ils ont également exigé qu'il n'apparaisse plus en uniforme de police dans ses vidéos et qu'il change de nom, a précisé le chanteur. "Ils m'ont également dit de bien me regarder dans une glace, car je ne ressemble pas du tout à un héros", a-t-il poursuivi.

"Si l'on tente de vous museler, je m'y oppose"

Son pseudonyme "Hero" s'est imposé à lui quand il a commencé à avoir du succès dans son district natal de Bogra, à 150 kilomètres, au nord de Dacca. "J'avais l'impression d'être un héros. J'ai adopté le nom de Hero Alom", a-t-il expliqué, "je ne l'abandonnerai pas".

Le commissaire adjoint de la police de Dacca, Farook Hossain, a nié que le chanteur ait été prié de changer de nom. Son traitement par la police a indigné ses fans sur les réseaux sociaux, mais aussi des défenseurs des droits humains.

"Je ne suis pas fan de vos chansons ni de votre jeu d'acteur. Mais si l'on tente de vous museler, je m'y oppose", a réagi le journaliste Aditya Arafat.

Depuis son interrogatoire, Hero Alam a diffusé une nouvelle vidéo dans laquelle il apparaît derrière les barreaux, en tenue de prisonnier, l'air abattu. "Actuellement, il semble que l'on ne puisse plus chanter librement au Bangladesh", a regretté Hero Alom.

J.L. avec AFP