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Tom Waits veut faire interdire un spectacle de Bartabas reprenant ses chansons

Tom Waits à New York en 2011

Tom Waits à New York en 2011 - Michael loccisano - Getty Images North America - AFP

La justice française se prononcera ce jeudi sur la possible interdiction du dernier spectacle équestre de Bartabas, à la suite d'une plainte de Tom Waits qui lui reproche d'avoir utilisé certaines de ses chansons, sans son accord, et de s'être inspiré de son univers, a-t-on appris lundi auprès de l'avocate du metteur en scène.

Le chanteur californien a formé un référé en France pour demander l'interdiction d'On achève bien les anges (Elégies) qui doit reprendre le 30 septembre en région parisienne, a indiqué l'avocate de Bartabas, Me Sophie Viaris. Tom Waits a également saisi en mai le tribunal de grande instance de Paris pour décider s'il y a eu notamment "violation des droits d'auteur" et "atteinte au droit moral" de la part de Bartabas et du théâtre Zingaro. Il réclame "plus de 500.000 euros" de réparations, a indiqué l'avocate de la partie adverse.

"Quelqu'un m'a fait les poches pendant que je tournais la tête"

Le chanteur reproche au directeur du théâtre équestre d'avoir utilisé, sans son accord, une quinzaine de ses chansons ou enregistrements et de s'être inspiré de son univers visuel. "J'ai le sentiment que quelqu'un m'a fait les poches pendant que je tournais la tête", a dit Tom Waits à l'édition française de Vanity Fair en août. 

"Bartabas a contacté une assistante de Tom Waits", elle a dit qu'il "n'était pas disponible pour une collaboration particulière mais qu'on pouvait utiliser les titres du catalogue", a affirmé pour sa part Me Viaris. Des autorisations ont en outre été déposées et obtenues auprès de sociétés de gestion de droits compétentes comme la Sacem, a-t-elle souligné, ce qui se traduit par des "royalties importantes" pour le chanteur à la voix cabossée. Sur le deuxième point reproché, il n'y a "pas de ressemblances visuelles avérées" entre l'univers de Tom Waits et celui de Bartabas, affirme-t-elle.

Plusieurs "tentatives de médiation" et "procédures à l'amiable" ont eu lieu entre novembre 2015 et février 2016, sans succès, selon le conseil. Bartabas, "extrêmement peiné par cette affaire", selon son avocate, n'a jamais caché l'influence et l'utilisation de chansons de Tom Waits dans ce spectacle de deux heures où il tient la vedette. "Pour cette nouvelle création, c'est en compagnie de Tom Waits qu'il redescend dans l'arène, psalmodiant de mystérieuses élégies tel un archange déchu depuis son purgatoire", peut-on lire dans le dossier de presse. 

F.M. avec AFP