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Pete Doherty et Paris, une histoire tumultueuse

Pete Doherty, en concert aux Vieilles Charrues, en juillet 2016.

Pete Doherty, en concert aux Vieilles Charrues, en juillet 2016. - Fred Tanneau - AFP

Il va ramener la musique au Bataclan. Pete Doherty s'y produit ce 16 novembre, après le premier concert inaugural de Sting, samedi. Le Britannique entretient depuis longtemps une histoire d'amour avec Paris.

Sa silhouette dégingandée arpentera la scène du Bataclan mercredi 16 novembre. Pete Doherty, après Sting samedi, sera chargé de faire revivre la salle meurtrie par les attentats du 13-Novembre. De rappeler au public que c'est un endroit où l'on rit, où l'on danse, où l'on boit, où l'on vit.

Le turbulent rockeur britannique est un habitué de cette salle, où il s'est déjà produit, avec les Babyshambles, en 2006. Il y est revenu seul, sans les Babyshambles, et avant la reformation des Libertines, en 2009 pour deux concerts. C'est aussi un habitué des rues de Paris, où il vit par intermittence depuis plusieurs années, après avoir fui une vie tumultueuse à Londres, sous l'oeil des paparazzis à Londres. Retour sur son histoire avec la ville lumière.

> Une chanson pour le Bataclan

Ce Parisien d'adoption est venu au lendemain des attentats, s'asseoir devant la salle avec sa guitare, "juste pour être là", comme il l'a raconté au magazine NME. Ajoutant: "Katia [ndlr, sa compagne française] a perdu cinq personnes avec qui elle était allée à l'école". Il y a composé une chanson sur le Bataclan: Hell to pay at the gates of heaven (qu'on pourrait traduire par "L'entrée au paradis est cher payée")

Sur le morceau qu'il a écrit, il a expliqué: "C'est au sujet du p***** de Bataclan. De comment nous sommes attaqués. A cet âge, quand tu cherches désespérément un combat, ça peut facilement te faire perdre la tête. Quand tu as la foi et des convictions, tu t'y investis autant qu'un type fou de guitares. Alors les paroles disent: 'Allez les gars, choisissez vos armes/J-45 [guitare Gibson] ou AK-47 [fusil d'assault]?' Les deux nécessitent du dévouement et de la foi. Pour combattre ou pour faire de la musique".

Il l'a joué pour la première fois en concert en mai dernier. Pete Doherty est également le premier avoir été programmé au Bataclan, à sa réouverture.

> Des rendez-vous manqués

L'histoire de Pete Doherty et Paris est aussi semée de quelques lapins, posés à ses fans. On se souvient par exemple, grâce au Petit Journal, de cette fan dont la virulence égalait la déception, après l'annulation d'un concert à Paris, en 2009. Le chanteur est assez coutumier du fait et des hospitalisations pour "raisons indéterminées".

> Et des concerts gratuits

Mais l'imprévisible Pete Doherty peut aussi bien remplir des salles que donner un concert gratuit sur la place de la République ou se produire dans un bar-tabac du 9e arrondissement.

Il a ainsi participé avec les Babyshambles en 2013 au festival Soirs d'été à Paris, organisé par Oui FM, un beau soir de juillet.

> Paris-Londres-Paris, et puis Melun

Depuis 2009, il partage son temps entre Londres et Paris. Il s'est déclaré dans une interview au Daily star aussi "amoureux de Londres et de Paris". "Cette ville a un effet étrange sur mon inspiration. J'écris toujours quand je suis à Paris. J'ai composé la plupart de mes meilleures chansons ici". "Paris a été bonne pour moi", glissait-il encore dans le Daily Mail. "L'aventure est à chaque coin de rue, si vous la cherchez, mais sinon, les gens me laissent tranquille et croyez-moi, j'apprécie le calme et la paix".

A Paris, il a également été un temps en colocation avec Macaulay Culkin en 2013. Selon le Sun, l'acteur de Maman j'ai raté l'avion et le musicien tous deux notoirement accro à pas mal de substances, ont été réunis par leur amour "de la poésie et l'art". Le tabloïd expliquant encore que Culkin voulait devenir artiste et s'inspirer de l'atmosphère de la ville "la plus romantique". 

Dans un autre entretien à NME, il expliquait qu'il n'était pas facile de se procurer de l'héroïne à Paris, mais que celle qu'on y trouvait était "de bonne qualité".

Et puis coup de théâtre, en 2015, l'AFP et le Parisien ont retrouvé le tempétueux rockeur au fin fond de la région parisienne du côté de Melun. Loin de Paris et de ses dealers introuvables, dans le village de Montereau-sur-le-Jard, il s'est réfugié dans un ancien corps de ferme. Pour seuls commerces, on y trouve un "petit marché hebdomadaire et le camion à pizza du vendredi" évoquait l'AFP dans un reportage... C'est dire si l'endroit est calme.

> Un film français romantique

En 2012, il est le héros du film de Sylvie Verheyde Confession d'un enfant du siècle, au côté de Charlotte Gainsbourg et d'après Alfred de Musset. Un film romantique en diable et tourné notamment à Paris.

> Deux expositions sanglantes

Quand il ne compose pas, Pete peint. Il a même exposé ses oeuvres dont certaines étaient peintes avec son sang, en 2008 dans une galerie parisienne. Malheureusement, il n'avait pas pu assister à l'inauguration de l'exposition intitulée Art of Albion, car il était en prison où il purgeait une peine pour conduite en état d'ivresse et non respect des conditions de liberté conditionnelle.

Il a récidivé en 2013, dans une seconde galerie parisienne, exposant toiles, dessins, installations et vidéos, sous le titre Flags from the old regime. On pouvait y voir (et acquérir) un tableau nommé Ladylike, peint avec le sang d'Amy Winehouse, avec laquelle Pete Doherty affirme avoir eu une courte liaison.

Magali Rangin