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L'histoire du Bataclan depuis sa création

La nouvelle façade du Bataclan, le 1er novembre 2016.

La nouvelle façade du Bataclan, le 1er novembre 2016. - Philippe Lopez - AFP

Avant de devenir une salle de concert dédiée en partie au rock, le Bataclan fut longtemps une salle de cinéma.

"Tout changer pour ne rien changer" C'est avec ces mots que le propriétaire du Bataclan, Jérôme Langlet, a présenté la réouverture de la salle de concert, un an après l'attaque du 13 novembre, qui a coûté la vie à 90 personnes.

Au cours de ses 151 ans d'existence, le bâtiment, qui a accueilli un concert de Sting ce samedi 12 novembre pour sa réouverture, a été plusieurs fois détruit, mais toujours reconstruit. Et a connu plusieurs vies. 

Un hommage à une opérette d'Offenbach

Selon le Larousse, un bataclan est un "attirail insolite et encombrant". C'est aussi le titre d'une opérette de Jacques Offenbach (1819-1880), qui donna son nom à cette salle de concert située au 50, boulevard Voltaire. Ba-Ta-Clan, c'est ainsi que le titre de la pièce s'écrivait, était, comme le note Courrier International, "un spectacle farfelu en un seul acte – une chinoiserie musicale faite de passages en charabia et en faux italien pour se moquer des grands opéras." Quel rapport avec le Bataclan? Le lieu était surmonté à l'origine d'un toit en forme de pagode. 

Un cinéma

En 1926, le Bataclan commence à diffuser des films. Six ans plus tard, en 1932, "l'établissement devient un cinéma à part entière, avec une salle pouvant accueillir 1.400 spectateurs", note le blog sallesdecinemas.blogspot.fr. L'année suivante, un incendie brûle une partie du bâtiment, qui continue malgré tout ses activités cinématographiques.

Après la Seconde Guerre mondiale, en décembre 1952, le bâtiment est reconstruit et remis aux normes. La salle contient désormais 1.550 places. Les décors d'inspiration chinoise, ainsi que la pagode surmontant le toit, disparaissent néanmoins. Le 14 octobre 1969, la salle de cinéma Bataclan ferme ses portes et devient en 1983 une salle de concerts. 

Un haut lieu du punk, du rock et du hip-hop

C'est Joël Laloux, patron du Bataclan entre 1976 et 2015, qui a largement façonné cette nouvelle identité en "profitant de l’essor de tous les styles musicaux des années 1980: le rap, les musiques du monde, le punk", rapporte Le Monde. "De Bashung à Joan Baez, de Jane Birkin à Cesaria Evora, de Lou Reed à Jean Guidoni, de Prince à NTM, de Telephone à Oasis ou Djamel Debbouze, artistes et groupes qui ont marqué l’époque se sont produits au Bataclan, où l’on se presse, dans une chaleur d’étuve – la légende dit que le groupe britannique de heavy metal Motörhead y joua en 1997 si fort et si longtemps que les fresques murales en tombèrent."

Le hip-hop a aussi ses quartiers au Bataclan. Le rappeur Disiz a ainsi raconté au Monde qu'il avait commencé à s'y rendre dès l'âge de seize ans: "C’était un haut lieu de la culture hip-hop, avec l’Elysée Montmartre. Puis, je m’y suis produit, et l’acoustique était géniale, j’aimais ça." Lorsqu'en mai 2015, il a voulu organiser un concert pour célébrer le 90ème anniversaire du penseur afro-américain Malcolm X, c'est tout naturellement qu'il s'est dirigé vers le Bataclan: "Avec plein d’artistes, je me suis immédiatement tourné vers Olivier Poubelle [producteur et co-dirigeant de la salle depuis 2004, ndlr]. Pour moi, il était le patron du Bataclan, et personne d’autre. Il n’a même pas réfléchi, il nous a accueillis."

Bientôt, la salle accueillera pour une série de concerts de nombreux artistes: Marianne Faithfull, Pete Doherty, Youssou N'Dour, Zazie, Vianney, Cali... Le Bataclan, comme le Rock'n'Roll, est "here to stay". Là pour rester.

Jérôme Lachasse