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Musique: le plagiat dans tous ses états

Robin Thicke et Pharrell Williams en juin 2014.

Robin Thicke et Pharrell Williams en juin 2014. - Jamie McCarthy - Getty Images North America - AFP

En matière de plagiat musical, il est souvent difficile de trancher. Alors que Cheb Khaled vient d'être condamné pour son tube Didi, revenons sur quelques plagiats assumés ou non, sanctionnés ou non.

Hommage, influence, simple ressemblance ou plagiat? Lorsqu'on parle musique, la frontière est floue. Si certains artistes ont récemment été condamnés, comme Cheb Khaled, ou Pharrell Williams et Robin Thicke, d'autres ont été blanchis. L'occasion de revenir sur quelques "hommages", reconnus comme tels ou sanctionnés par la justice.

> Coïncidence...

Auréolé de multiples Grammy Awards en février dernier, le Britannique Sam Smith a connu la gloire avec son tube Stay with me. Une chanson qui ressemble étrangement au morceau de Tom Petty, I won't back down, sorti en 1989. Beau joueur, Tom Petty n'a pas intenté d'action en justice, et assuré qu'il n'en voulait pas du tout à Sam Smith. Smith, quant à lui, a plaidé la "totale coïncidence" et a accepté de créditer Tom Petty et Jeff Lynne comme co-auteurs.

> Le plagiat condamné

Ce plagiat-là coûte cher. Pharrell Williams et Robin Thicke ont été condamnés à verser plus de 7 millions de dollars aux héritiers de Marvin Gaye. En cause, le morceau Blurred Lines, qui ressemble beaucoup à Got to give it up, du musicien, assassiné en 1984.

Après avoir examiné la mélodie pendant les 15 jours du procès, le jury a tranché en faveur de la famille Gaye.

Le chanteur français Calogero a également été condamné en mai 2014 pour avoir plagié, avec son titre Si seulement je pouvais lui manquer, le morceau Les chansons d'artistes, interprété par La troupe des années boum, et composée par Laurent Feriol. Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que, même si les couplets étaient différents, les refrains des deux chansons comportaient "63% de notes communes". Calogero a fait appel de cette décision. 

> Le copie assumée

Décomplexé. Le récent single de Mika, le jury de The Voice, intitulé Talk about you, a des airs de Sarà perché ti amo, tube des années 80 signé Ricchi e Poveri. Mika a vite désamorcé le début de polémique sur les réseaux sociaux, assurant sur Europe 1 avoir fait "un deal" avec les auteurs du morceau original et avoir "partagé les droits" avec eux.

"C'est l'équivalent d'un sample", a encore expliqué l'artiste. "Il y a des chansons qui sont inspirées de rien, d'autres juste d'une idée. Celle-là est inspirée d'une mélodie d'une autre chanson".

> Ceux qui se sont arrangés

En 2009, Joe Satriani avait engagé une action en justice contre le groupe pop Coldplay. Il faut dire que Viva la vida, du groupe britannique, ressemblait beaucoup à If I could fly, du guitariste américain. "La seconde où je l'ai entendu, j'ai su que c'était mon If I could fly", racontait ainsi Satriani. De son côté, le groupe de Chris Martin niait les allégations de plagiat, plaidant la coïncidence.

"S'il y a des similitudes entre nos deux morceaux, c'est une entière coïncidence, et nous en sommes aussi surpris que lui", avait expliqué Chris Martin. La cour de Californie avait finalement rejeté l'accusation de Joe Satriani et les deux parties ont trouvé un accord financier.

le plagiat, c'est quoi?

En France, le code de la propriété intellectuelle ne parle pas de plagiat mais de "délit de contrefaçon". Cela consiste à intégrer dans son oeuvre l'intégralité ou un extrait de l'oeuvre d'un autre auteur. "Toute édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit", stipule l'article L335-2 du code de la propriété intellectuelle. 

https://twitter.com/Radegonde Magali Rangin Chef de service culture et people BFMTV