BFMTV

La chaîne publique ukrainienne écope d'une "lourde amende" pour sa mauvaise gestion de l'Eurovision

Le concours de l'Eurovision 2017 a été organisé à Kiev, en Ukraine

Le concours de l'Eurovision 2017 a été organisé à Kiev, en Ukraine - Sergei Supinsky - AFP

L'UER a décidé de sanctionner lourdement le diffuseur du pays organisateur du dernier concours de l'Eurovision.

L'Union Européenne de Radio-Télévision (UER) a annoncé ce jeudi 29 juin avoir imposé une "lourde amende" à la chaîne publique ukrainienne pour avoir notamment pris la décision d'interdire à la jeune chanteuse russe Ioulia Samoïlova de participer au concours de l'Eurovision en mai dernier.

"Conformément aux règles du concours, cette amende a été communiquée à l'UA:PBC" la chaîne publique ukrainienne qui a diffusé l'événement, a expliqué un porte-parole de l'UER, refusant toutefois de préciser le montant de cette "lourde amende".

Une amende de 200.000 euros ?

Le directeur de la Société nationale de télévision publique ukrainienne, Zourab Alasania, a déclaré de son côté lors d'un entretien avec la chaîne ukrainienne de télévision 112.ua que "le montant de l'amende peut aller jusqu'à 200.000 euros". Un montant que l'UER a refusé de commenter.

"Nous allons faire appel de la décision auprès du Comité de surveillance de l'Eurovision, bien que nous ayons l'impression que cela ne mènera à rien. De fait, la décision définitive a déjà été prise", a-t-il ajouté.

L'UER justifie l'amende en soulignant que les organisateurs du concours ont été à l'origine de "graves retards" dans l'organisation de l'Eurovision. Ces retards, qui ne sont pas détaillés, "ont créé des difficultés inutiles", estime l'UER. En outre, note-elle, la chaîne publique ukrainienne "ne s'est pas acquittée convenablement de ses obligations en ce qui concerne (...) la participation de l'artiste russe". En définitive, l'UER estime que toute cette affaire a nui à la "réputation du concours Eurovision".

Musique et rivalités politiques

Conçu comme un ferment d'unité européenne, le concours de l'Eurovision, disputé pour la première fois en Suisse en 1956, est devenu une chambre d'écho des rivalités nationales, illustrées une fois encore en mai dernier par le différend entre Moscou et Kiev sur le choix de la candidate russe.

La décision de l'Ukraine, pays hôte de l'édition 2017, d'interdire l'entrée sur son territoire à Ioulia Samoïlova, jeune chanteuse de 27 ans qui se déplace en fauteuil roulant, en raison d'un précédent concert donné en Crimée après l'annexion de cette péninsule par Moscou en 2014, a conduit au refus de la Russie de diffuser l'événement et à l'exclusion du pays.

Dans sa déclaration, l'UER indique que le Comité directeur du Concours Eurovision de la Chanson a "réprimandé" la chaîne russe Channel One qui a refusé de diffuser l'événement. Toutefois, l'UER estime qu'il n'est pas nécessaire "pour le moment" de sanctionner Channel One.

Au final, c'est le Portugal qui a remporté haut la main et pour la première fois l'Eurovision à Kiev, devançant la Bulgarie avec une ballade mélancolique tranchant avec le strass habituel du show aux 200 millions de téléspectateurs.

F.M. avec AFP