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JulienBeats, le très jeune YouTubeur rap qui cartonne

Ses réactions sans filtre à des albums de rap, ont assuré à ce jeune collégien-youtubeur, une notoriété aussi soudaine qu'inattendue.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont forcément vu passer son visage sur leur écran ce week-end. JulienBeats, un collégien, s'est emparé de la Toile avec ses vidéos YouTube dans lesquelles il critique, à sa manière, des albums de rap.

Lunettes carrées, voix enfantine et survêtement de sport, le jeune passionné passe en revue les albums de Gradur, Kaaris ou Kalash Criminel et fait part de son impression sans le moindre filtre, s'attaquant violemment aux morceaux qui lui déplaisent ou sautillant sur son fauteuil lorsqu'un rappeur obtient son approbation.

Propulsé par une vidéo

Le succès est arrivé d'un coup pour JulienBeats (12 ans, selon Konbini): si sa chaîne existe depuis 2018, il a commencé ses critiques il y a seulement trois semaines. Début novembre, il ne comptait qu'une soixantaine d'abonnés. Le chiffre s'élève ce mardi à plus de 80.000. Les followers se sont accumulés au fil des semaines, mais son triomphe soudain est en grande partie dû à sa critique de l'album Blo II de 13 Block, comme le rapporte le média spécialisé Booska-P. Publiée vendredi dernier et relayée instantanément par de nombreux internautes, elle a été visionnée plus de 200.000 fois.

Le buzz a sans doute à voir avec le caractère surréaliste de cette vidéo de 24 minutes, représentative de la chaîne toute entière: le jeune garçon accueille ses spectateurs d'un tonitruant "WESH L'EQUIPE!" avant de donner libre cours à un langage fleuri ("ça va très vite pour vous, y a pas ma présentation, y a une intro de merde!"). Un phrasé qui jure avec sa voix de pré-adolescent et ses préoccupations, bien éloignées de celles des pontes du rap: ("Le clip il s'appelle Heps ou Plata, vous me dites si je l'ai bien prononcé. Je vais pas faire comme les profs (qui disent) 'Oui bonjour, si j'écorche vos prénoms à l'appel vous m'en voulez pas!'".

Surtout, le jeune garçon n'a besoin que de quelques secondes pour se faire un avis, toujours très tranché: "Toi t'as rejoint l'équipe des fatigués en seulement 30 secondes, fréro!", assène-t-il après un très court extrait de la première piste, avant d'enchaîner sur la suivante. En revanche, lorsqu'un morceau lui plaît, il exulte: "He fréro, mais le clip il est ultra-validé!", hurle-t-il après avoir tiré en direction de la caméra avec un Nerf, marque de pistolets en plastique ultra-populaire chez les moins de 10 ans.

Mèmes et rappeurs

Les internautes se sont ensuite penchés sur le reste de sa chaîne pour y découvrir des pépites et en faire des mèmes, alimentant encore plus le buzz. Notamment cet extrait, repéré par Konbini: "Maintenant que je pèse dans le game, j'ai plus le temps. Là il est 19h56, je vais aller manger et prendre ma douche. Faut laisser la star tranquille."

Des rappeurs eux-mêmes se sont emparés du phénomène, finissant de propulser le jeune garçon au rang de star des réseaux sociaux. 13 Block, Booba ou encore Damso ont relayé des extraits de ses vidéos dans leurs stories Instagram, visionnées par des millions d'abonnés.

"Il faut trouver le timing avec l'école"

Une notoriété-éclair qui ravit JulienBeats, comme il l'explique avec ses mots dans sa dernière vidéo datée de dimanche: "Vous avez vu, là j'ai bien buzzé sa grand-mère!", s'exclame-t-il en préambule. "Je suis passé dans la story de Booba, de Maes, de 13 Block, sur Twitter j'ai fait 600.000 vues, sur YouTube en 24 heures j'ai pris 11.000 abonnés (...) Du coup sur Insta je me fais harceler en DM, du coup c'est les fréros qui géreront ça."

Il rappelle que son emploi du temps ne lui permettra pas de publier autant qu'il le voudra: "Comme je suis au collège (...) je suis encore un peu jeune. Je ne m'attendais pas à ce que je buzze comme ça d'un coup. Je ne stresse pas du tout, je suis content. C'était un rêve, j'ai travaillé pour ça, donc merci infiniment. Les vidéos je vais envoyer, mais l'équipe, je vais pas envoyer une vidéo tous les jours. Parce qu'il faut trouver le timing avec l'école, et tout."

https://twitter.com/b_pierret Benjamin Pierret Journaliste culture et people BFMTV