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Indochine se défend de toute violence gratuite avec son clip "College Boy"

Ce n'est pas la première fois que le groupe Indochine risque de voir un de ses clips censurés

Ce n'est pas la première fois que le groupe Indochine risque de voir un de ses clips censurés - -

Le nouveau clip du groupe de rock français Indochine, sorti jeudi 2 mai, provoque un tollé sur la toile. Ultra-violent, la vidéo met en scène le calvaire d’un élève victime de harcèlement à l’école.

Les images du dernier clip d’Indochine sorti jeudi 2 mai sont dérangeantes, brutales. Le deuxième extrait de l’album Black City Parade met en scène des adolescents bourreaux faisant vivre un enfer à un à un de leur camarade de classe, parce que celui-ci est homosexuel. Ils finissent par le crucifier et le fusiller, pendant que les élèves et les professeurs, yeux bandés, laissent faire.

Une situation extrême de harcèlement et de violence à l’école que le réalisateur québécois Xavier Dolan (réalisateur des Amours Imaginaires entre autres) et le leader du groupe, Nicola Sirkis, veulent avant tout pédagogique.

Dans un entretien accordé au Parisien jeudi , Nicola Sirkis se défend de vouloir créer la polémique: "La violence du clip n’est pas gratuite. Pour moi, c’est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route. C’est plus éducatif qu’autre chose."

"Il n'y a pas d'ambiguïté dans le message de non-violence du clip"

Avec le réalisateur Xavier Dolan, ils revendiquent un clip sur l’indifférence de la société concernant la violence à l’école.Mais aussi, et surtout, sur l'homophobie qui existe chez les plus jeunes. Le cinéaste s’insurge d’ailleurs dans les colonnes du Parisien des critiques dénonçant une vidéo encourageant la violence.

"C’est complètement stupide. Est-ce vraiment plus violent que tous les films qui arrivent sur nos écrans tous les jours? Il n’y a pas d’ambiguïté dans le message de non-violence du clip. On est immédiatement dans l’empathie avec le personnage."

College boy diffusé après 22 heures

Face à la violence des images, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pourrait interdire une diffusion en journée du clip d’Indochine en le cantonnant à une diffusion après 22 heures.

L’ancien ministre de l’éducation national, Luc Chatel a fortement réagi sur France Info jeudi matin,face à l’aspect pédagogique revendiqué par Indochine: "Imaginez un meurtre filmé au sein d’une école n’est pas acceptable[…]Oui à la dénonciation et à la pédagogie, non à la banalisation".

Sur Europe 1, Françoise Laborde, membre du CSA, est elle aussi montée au créneau: "On montre des images dont la violence est inestimable et il y en a assez de cette mode de la violence. Quand c'est extrêmement violent, ça ne peut pas être diffusé sur les antennes, donc a priori, un document comme celui-ci sera étudié en groupe de travail [par le CSA, NDLR] et il devrait y avoir au minimum une interdiction aux moins de seize ans, peut-être même dix-huit ans".

"Les ados voient des choses plus horribles que ça"

Nicola Sirkis précise de son côté dans le Parisien qu’il "comprendrait très bien" que la vidéo "ne passe pas en journée à la télé". "Je ne crierai pas à la censure. Malheureusement, je pense que les ados voient des choses plus horribles que ça." 

Le chanteur a posté sur son site un message à l’attention des "parents fans qui ont des enfants de moins de 14 ans": "Ce clip est fort mais violent et en tant que parent moi-même je ne pourrais le faire visionner à des enfants jeunes et sensibles."

Alizée Golfier avec AFP