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Découvrez en exclusivité Zina, le duo de Julie Zenatti et Chimène Badi

Julie Zenatti et Chimène Badi chantent "Zina"

Julie Zenatti et Chimène Badi chantent "Zina" - Capitol

Zina est le tout premier extrait de Méditerranéennes, le prochain album de Julie Zenatti. Découvrez en exclusivité ce duo interprété avec Chimène Badi et les confidences des deux artistes sur leur collaboration.

L'une porte un nom berbéro-italien, l'autre est d'origine algérienne. Ensemble, elles chantent la Méditerranée. Julie Zenatti et Chimène Badi sont réunies pour un single, Zina, premier extrait de l'album de Julie Zenatti, Méditerranéennes qui sortira en février 2017. BFMTV.com vous dévoile en exclusivité ce morceau, et une interview des deux artistes, rencontrées un pluvieux jeudi de novembre, dans un hôtel du 2e arrondissement de Paris.

A deux voix, elles nous ont expliqué le comment et surtout le pourquoi de cet album. Un album sur lequel convergent les cultures et les langues du bassin méditerranéen. Un album essentiellement féminin, aussi.

En quoi consiste cet album, Méditerranéennes?

JZ: C'est un album de reprises de chansons du bord de la Méditerranée, d'Espagne à l'Israël, en passant par l'Egypte, la Turquie, l'Algérie, le Maroc. Des chansons plus ou moins connues qui ont un point commun, une espèce de mélancolie et d'énergie très positive. On a adapté certains textes, réécrit d'autres. On a essayé de faire se rencontrer les musiques, les cultures, les voix, les langues sur chaque chanson. On a voulu mélanger tout ça, pour réinventer encore les bords de la Méditerranée. Il y a des chansons récentes, comme Zina, le premier extrait de l'album, reprise d'un super groupe algérien pop, Babylone. Et puis il y a des chansons bien plus anciennes, comme Ya Mustafa ou Adieu mon pays. Il y a aussi la chanson M, de Matthieu Chédid, écrite par Andrée Chédid, qui a fait bouger les choses, qui est égyptienne.

CB: C'est aussi 'aime les autres et leurs différences', c'est un emblème.

Comment est né Méditerranéennes?

JZ: J'ai fait beaucoup de recherches pour trouver ces morceaux. Il y en a certains que je connaissais aussi, par ma famille, et qui étaient enfouis dans ma mémoire. J'ai été pas mal aidée par mon père et mes grands-parents. Et puis Chimène est un pilier de ce projet. Elle a été ma première image, quand j'ai pensé à Méditerranéennes.

CB: Elle était tellement impatiente de m'en parler qu'elle l'a fait le jour de son mariage [ndlr: en février 2016]!

Quel message véhicule cet album?

JZ: Méditerranéennes, c'est un album qui essaie de dire que tous les peuples de l'autre côté de la Méditerranée se sont croisés, mélangés, rencontrés, ont traversé la mer à un moment donné et ont fait grandir la France. Que la France est avant tout une terre d'accueil avec une multiplicité d'origines et de religions. Qu'on a toujours bien vécu ça. Que la France c'est ça, et qu'il ne faut pas l'oublier. Par peur, par ignorance, et par manque de curiosité de l'autre, il devient un ennemi, un étranger et non pas un ami.

"On ne peut pas nier l'autre côté de la Méditerranée"

A quand remonte votre histoire d'amitié?

CB: On s'est rencontrées en 2003, on avait de la promo ensemble. C'est là qu'on a commencé à discuter. Après on a participé au Resto du coeur, à Toulouse. La complicité a été assez rapide avec Julie. C'est une artiste de la même génération que moi. Comme elle était un peu plus ancienne que moi dans le milieu, elle a été un peu ma béquille. C'était une période difficile pour moi, je n'étais pas forcément bien dans mes pompes. J'ai eu quelqu'un auprès de qui j'ai pu me livrer. Et puis Julie m'a raconté aussi des choses très personnelles. On a une confiance mutuelle. On a eu des coups de gueule, des coupures, mais c'est ce qui fait qu'on a une vraie relation amicale. Méditerranéenne, c'est la concrétisation d'une complicité qu'on avait envie de vivre aussi musicalement.

Julie Zenatti et Chimène Badi
Julie Zenatti et Chimène Badi © M. R.

C'est quoi pour vous, être Méditerranéenne?

JZ: On est toutes les deux des enfants nées de parents d'ailleurs. Un petit bout de la Méditerranée est entré dans nos cerveaux respectifs. Au travers des langues, des coutumes, des manières de parler. Ca parle fort, ça parle avec les mains. Il y a beaucoup de monde à table...

CB: Beaucoup de monde à table et beaucoup de partage. Il y a beaucoup de drame aussi, on a tendance à amplifier les choses. Mais il y a beaucoup de générosité.

JZ: Oui, et beaucoup de bienveillance. J'y ajouterais aussi un peu de mélancolie.

CB: Il y a un bout de nous qui est là-bas.

JZ: Il y a quelque chose d'un peu flou, un peu abstrait, qui ne nous appartient pas. C'est le propre des Méditerranéens, ils ont partout chez eux, parce qu'ils ont dû beaucoup bouger, beaucoup migrer et en même temps ils ne sont nulle part chez eux, c'est très étrange. Avant, les gens partaient pour trouver un ailleurs meilleur, aujourd'hui ils fuient leur pays, mais quand ils arrivent, les portes sont fermées. Ce n'est pas ça, la France. On ne peut pas nier l'autre côté de la Méditerranée, on est frères et soeurs. 

Zina, ici ou là-bas est disponible à partir du 18 novembre.

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Propos recueillis par Magali Rangin