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Ce que l'on sait de Nick Conrad, l'auteur de "Pendez les Blancs"

Nick Conrad dans son clip "Pendez les blancs".

Nick Conrad dans son clip "Pendez les blancs". - Capture d'écran Youtube

Le clip du rappeur, PLB, a provoqué un tollé au sein du gouvernement et conduit à l'ouverture d'une enquête du parquet de Paris.

Son clip appelant à "pendre les Blancs" a provoqué ce mercredi 26 septembre un tollé au sein du gouvernement et conduit à l'ouverture d'une enquête du parquet de Paris. Encore méconnu il y a encore quelques heures, le nom du rappeur Nick Conrad est sur toutes les bouches alors que son auteur assure avoir voulu envoyer "un message d'amour".

Tout a commencé avec PLB, "pendez les blancs", un clip de plus de 9 minutes tourné à Noisy-Le-Grand, en Seine-Saint-Denis. La vidéo s'ouvre sur une scène où le rappeur allume un cigare en toute décontraction. En arrière-plan, un Blanc pendu se balance au bout d'une corde, puis la chanson démarre. Dans une des séquences suivantes, Nick Conrad enfonce un revolver dans la bouche d'un Blanc séquestré dans un coffre de voiture, avant de lui tirer dessus. 

Dans son texte, Conrad appelle notamment à tuer "des bébés blancs". "Attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands", poursuit-il. YouTube a retiré la vidéo. La violence des propos et des images a suscité de nombreuses condamnations au gouvernement et dans la classe politique. Une enquête a été ouverte et une plainte a été déposée par la Licra.

Quelques jours avant la polémique, Nick Conrad a notamment reçu le soutien de Dieudonné sur Facebook: "Notre jeunesse est bouillonnante et pleine de talents. Elle est résolue à en découdre avec les mensonges de l'histoire. Que Dieu nous préserve du piège de la haine raciale qui n'est là que pour servir les intérêts du sionisme", a écrit l'humoriste controversé. 

Fan de Miles Davis

Se présentant comme "Parisien, fier et raffiné" en 2016 dans une interview accordée au site Au coin de la 34ème rue, Nick Conrad est rappeur depuis une vingtaine d'années. Né en Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Grand, dans le quartier du Champy, il a grandi dans "une famille d’intellectuels, aux traditions africaines bien ancrées, avec un père diplomate de surcroît", peut-on lire sur le site Mr Afropolitan. 

Il aurait dû devenir avocat, mais s'est lancé dans le rap après avoir été gravement malade: "C'est la maladie qui m'a fait tomber dans le rap", a-t-il confié au site Au coin de la 34ème rue. "J’ai la drépanocytose [une maladie génétique qui s'attaque aux globules rouges, NDLR]. J'ai écrit mon premier texte le 4 janvier 1994 sur mon lit d’hôpital. J'avais besoin d'exprimer ce que j'avais sur le cœur, ce que je vivais sur le moment."

Fan de jazz et en particulier de Miles Davis, il a suivi des cours de trompette au conservatoire de musique de Noisy, indique un texte publié sur le réseau social Viadeo. Il aurait écrit sa première chanson à l'âge de 10 ans et aurait donné son premier concert d'électro-jazz à 12. Depuis, il continue de se produire dans des festivals de hip-hop et des salles de la région parisienne. 

En 2008, il a sorti un premier disque, The Magnificent Way, ainsi qu'un clip produit avec la Ville de Noisy. En 2010, il a interprété sur France Ô Microphone Master, un morceau de hip-hop jazz extrait de ce premier album. Cité par Viadeo, le rappeur disait à cette époque vouloir créer "un hip-hop différent avec des textes maîtrisés et une musique qui me ressemble." En 2015, il a sorti 130 cercueils, un morceau en hommage aux victimes du Bataclan. Son dernier EP en date, Tempête Subsaharienne, est disponible depuis avril.

"Un artiste a pour but de s'inspirer du monde pour dénoncer"

Interrogé par RTL, Nick Conrad a défendu ce mercredi 26 septembre le clip de PLB: "Je ne cherchais pas le buzz, ce clip est supposé amener à réfléchir et pas rester en surface. Je ne comprends pas les gens qui ne vont pas chercher en profondeur", a-t-il indiqué. Son clip, affirme-t-il, "n'est pas un appel à la haine", mais "une fiction qui montre des choses qui, du début à la fin, sont vraiment arrivées au peuple noir". 

Son ambition est d'"interpeller, toucher les gens" en inversant les rôles: "Ce morceau est plus profond qu'il n'y paraît", dit-il, affirmant qu'il ne regrette rien. "Je ne peux pas renier ce que j'ai écrit, ça touche le racisme, c'est la beauté de ce morceau, ça reste de l'art". Selon lui, le rap "a pour mission de dénoncer les choses": "Un artiste a pour but de s'inspirer du monde pour dénoncer, que ça plaise ou non."

Jérôme Lachasse avec AFP