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Louise Bourgoin: "Je suis une imposture"

Louise Bourgoin

Louise Bourgoin - Loïc Venance - AFP

Dans une interview accordée au magazine Grazia, la comédienne de 33 ans évoque son dernier film, Je suis un soldat, son passé de miss météo sur Canal + ainsi que les rôles qu'elle convoite au cinéma.

"On me disait ‘décalée’, ça revenait tout le temps sur moi: ‘un personnage décalé’. Et je l’étais", raconte Louise Bourgoin dans le magazine Grazia. Si aujourd’hui, l’actrice de 33 ans brille dans le dernier film de Laurent Larivière, Je suis un soldat, elle reconnaît que sa mutation de comique de télé à actrice de cinéma fut difficile.

Révélée au grand public grâce à son rôle de miss météo dans Le Grand Journal de Canal+, ses choix n’ont pas toujours fait l’unanimité: "Je ne venais pas de la télé pure et dure, je venais des Beaux-Arts, que j’avais intégrés à Paris en 1999. Je me souviens de l’air de dégoût de mes anciens profs quand j’ai commencé à faire de la télé. C’était honteux à leurs yeux! Alors que pour mes tantes, du côté de ma mère, c’était la consécration", se souvient-elle.

"Denisot me disait que le silence est interdit"

Si Louise Bourgoin ne regrette aucunement son parcours, elle concède avoir trouvé la télévision "frustrante": "On a un temps de parole très court, et il faut apprendre à faire avec. Je me souviens de Denisot m’expliquant que le seul truc interdit en télé, c’est le silence. S’il y a un silence, les gens zappent, c’est la fin du monde. Pourtant, ils m’ont laissé faire ce que je voulais, et dans ce que je faisais il y avait pas mal de silence, tout un humour qui reposait là-dessus, des gags qui tombaient à plat et que j’assumais en n’enchaînant pas".

"Je porte au fond de moi le complexe de ne pas venir du Conservatoire, mais de la télévision"

Depuis la jeune femme a fait du chemin, délaissant rapidement la télévision pour le cinéma. Un parcours somme toute classique pour une miss météo, mais loin d’assurer une quelconque gloire: "j’ai longtemps reçu des scénarios clairement destinés à mon personnage à la télé. J’en reçois de moins en moins. Ça a mis du temps à changer. Là, on me propose autre chose. J’ai dû amorcer un virage, entre le film de Guillaume Nicloux (La Religieuse), celui d’Axelle Ropert (Tirez la langue, mademoiselle), et le Nicole Garcia (Un beau dimanche) et enfin Je suis un soldat. Le registre n’est plus le même".

"Je porte au fond de moi le complexe de ne pas venir du Conservatoire"

Star montante du cinéma français, Louise Bourgoin n’a pas pour autant gagné en confiance en elle: "Je porte au fond de moi le complexe de ne pas venir du Conservatoire, mais de la télévision. Il y a des jours où, au fond de soi, on se dit ‘je suis une imposture’. Ou des trucs horribles tels que ‘je suis de mauvaise naissance’, ou ‘je ne suis pas du bon milieu’", raconte-t-elle à Grazia, assurant au passage que cela "n’est pas un hasard. Les films, on ne les choisit pas uniquement parce qu’ils ont l’air bien écrits…".

"Je ne veux plus être la jolie minette accompagnatrice du héros et d’ailleurs je n’ai plus l’âge de ces bêtises"

Changement de registre donc pour la jolie blonde et changement de look depuis son dernier film Je suis un Soldat, où Louise Bourgoin affiche une coupe de cheveux plus courte: "J’ai changé depuis quelques années, et j’avais besoin de prendre acte de ce changement. Mes cheveux étaient devenus un accessoire un peu encombrant, toute cette symbolique liée aux cheveux longs, à la séduction, à la tentation me pesait. Et ce n’était pas forcément nécessaire dans ce que j’ai à dire en ce moment", déclare-t-elle.

Aujourd’hui, Louise Bourgoin a mûri et sait qu'elle n'a "plus du tout envie de jouer les passe-plats, ou la jolie minette accompagnatrice du héros, et d’ailleurs je n’ai plus l’âge de ces bêtises. J’ai 33 ans. Je ne vais pas jouer les écervelées jusqu’à 40 ans !".