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La vente d'un autoportrait de Karl Lagerfeld décroche un record du monde aux enchères

Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld - Patrick Kovarik - AFP

Cette toile a été adjugée à 17.980 euros, "record du monde pour une œuvre graphique" du couturier.

Un autoportrait de Karl Lagerfeld, réalisé en 2014 pour un numéro spécial du magazine Madame Figaro, a été adjugé jeudi soir à 17.980 euros lors d'une vente aux enchères à Troyes (Aube), "record du monde pour une œuvre graphique" du couturier, selon le commissaire priseur.

Cette toile carrée, d'un mètre de côté, avait été peinte à la gouache par le directeur artistique de Chanel à l'occasion d'un "happening" organisé par Madame Figaro. Pour son numéro "spécial arty", le magazine avait proposé à six figures masculines de la scène créative de réaliser une "performance artistique" à partir d'une toile blanche, au cours d'une interview filmée.

"Un record du monde"

Le tableau "a été adjugé 17.980 euros (frais de 24% compris). C'est un record du monde pour une œuvre graphique de Karl Lagerfeld", s'est réjoui auprès de l'AFP Léonard Pomez, commissaire priseur de la maison Boisseau-Pomez qui réalisait cette vente.

"Jusqu'à présent, tous les dessins de Karl Lagerlfeld qui se trouvaient sur le marché [...] étaient exclusivement des dessins de couture pour Chanel, se vendant généralement autour de 1.500 à 2.000 euros", a-t-il dit.

"C'est une œuvre unique"

L'œuvre avait été estimée à 8.000 euros, "en raison du format, parce que c'est un autoportrait, mais aussi parce que c'est une œuvre unique", a-t-il expliqué, précisant qu'une vidéo, visible sur YouTube, montre le styliste en train de la peindre.

"J'avais le modèle sous la main, c'était ce qu'il y avait de plus facile. Je me connais par coeur. C'est une vision idéalisée de ma personne mais ça m'amuse", explique Karl Lagerfeld sur les images de cette performance. "Je n'ai jamais appris à dessiner [...] Je suis né avec un crayon dans la main", dit-il encore, assurant avoir rêvé dans sa jeunesse de "devenir portraitiste, illustrateur, caricaturiste".

L'acheteur de la toile "est allemand, comme Karl", sourit Léonard Pomez. Le vendeur est lui "un collaborateur de Karl Lagerfeld, qui travaillait avec lui dans son studio photo" et s'était vu offrir la toile peu après sa réalisation.

"Il l'avait gardée depuis 2014 et souhaitait s'en dessaisir. En janvier, il est venu nous consulter à l'occasion d'une journée d'expertise gratuite que nous organisions", a raconté le commissaire priseur. 

J.L. avec AFP