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Kim Kardashian: les dessous de son spectaculaire braquage à Paris racontés en BD

Les Bijoux de la Kardashian

Les Bijoux de la Kardashian - Glénat 2019

Deux journalistes racontent dans une BD l'affaire du braquage parisien de Kim Kardashian.

Le braquage parisien de Kim Kardashian revient sur le devant de la scène. Deux journalistes français, François Vignolle et Julien Dumond, et le dessinateur Grégory Mardon, consacrent une bande dessinée, intitulée Les Bijoux de la Kardashian (Glénat), à la célèbre affaire qui a secoué la capitale en 2016.

Dans la nuit du 3 au 4 octobre, en pleine Fashion Week, la célèbre femme d'affaires et star de la télé-réalité est braquée par des hommes masqués dans un hôtel particulier parisien. Plusieurs bijoux en diamant et en or, ainsi qu'une bague évaluée à près de quatre millions d'euros sont dérobés cette nuit-là.

Des braqueurs à l'ancienne

En raison du statut de la victime, et du montant du vol (neuf millions d'euros, soit le plus gros vol d'un particulier depuis 20 ans en France), l'affaire défraie la chronique, suscitant des réactions jusque dans la classe politique. L'enquête conduite par la police française aboutit finalement à l'arrestation d'une dizaine d'individus, des braqueurs à l'ancienne âgés entre 50 et 70 ans.

Après cette révélation, l'affaire a pris une tournure tragi-comique, devenant ainsi la matière idéale pour créer un récit à suspense. Julien Dumond, co-scénariste des Bijoux de la Kardashian, raconte à BFMTV les coulisses de cet album-enquête qui révèle en détail l'une des affaires les plus étonnantes de ces dernières années.

Les Bijoux de la Kardashian
Les Bijoux de la Kardashian © Glénat 2019

Comment est né le livre?

François Vignolle et moi avons tous les deux traité l'affaire pour nos supports respectifs (M6 pour lui, Sept à huit sur TF1 pour moi). Nous nous sommes alors aperçus de l'incroyable impact de ce fait divers: ses répercussions médiatiques et internationales, la vitalité sur internet de cette affaire qui a même suscité des commentaires politiques. En plus, nous avons relevé tout un tas d'éléments propres à l'affaire qui avaient selon nous du sens et méritaient d'être racontés...

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans cette affaire? Est-ce la rencontre entre ces deux mondes, celui des bandits à la Audiard et celui de la télé réalité?

Oui en partie. Comment dans un Paris en plein état d'urgence post-attentats, des papys braqueurs peuvent, en venant à vélo et habillés de gilets jaunes, agresser l'une des stars ultimes des réseaux sociaux? Une célébrité américaine dont plusieurs suspects connaissaient à peine le nom. L'un d'entre eux, lors de ses auditions, indiquera même aux policiers n'être pour rien dans ce qui est "arrivé à Kim Basinger"! Et puis, ils ont quand même réussi à voler pour 9 millions d'euros de bijoux! Le plus gros braquage d'un particulier en France.

Pourquoi avoir choisi la forme de la bande dessinée, et non celle du livre, de l’article ou même du reportage filmé?

Les reportages filmés, François et moi avons eu l'occasion d'en réaliser pour nos médias respectifs. La bande dessinée nous paraissait le support idéal. Tout est graphique dans cette histoire! Kim Kardashian, la victime callipyge évidemment, mais aussi les suspects qui n'ont pas d'Audiard que les surnoms, et puis ce Paris en état d'urgence, la Fashion Week, le 36 quai des Orfèvres, la traque des suspects par les enquêteurs, etc. Pour autant, cette bande dessinée est l'aboutissement d'un travail journalistique. C'est une enquête et ce qui est raconté est vrai!

Les Bijoux de la Kardashian
Les Bijoux de la Kardashian © Glénat 2019

L’enquête est racontée comme un polar. Pourquoi?

Nous ne voulions pas que Kim Kardashian soit l'héroïne de la bande dessinée. Il était tout autant hors de question de la moquer car dans cette histoire, même si certains en ont douté au début, c'est une vraie victime avec ses traumatismes. Idem pour les braqueurs, il était hors de question d'en faire des héros ou au contraire de les ridiculiser (même si l'on relate la chute de l'un d'entre eux à vélo avec un sac rempli de bijoux alors qu'il prenait la fuite) ou enfin de les accabler (nous avons souhaité les anonymiser pour respecter la présomption d'innocence, leur procès est prévu en 2020). Nous avons donc choisi de raconter l'affaire par le biais d'un troisième personnage : l'enquête des policiers. La police judiciaire du 36 quai des orfèvres dont on voit dans la bande dessinée qu'elle a un pied dans le 20e siècle des papys braqueurs et un autre dans le 21e siècle de la star 2.0 américaine.

Comment avez-vous choisi le dessinateur Grégory Mardon? Pourquoi avoir opté pour un dessin sans fioritures et non réaliste?

Parce que c'est le meilleur! Il était parfait pour se saisir de ce "fait divers", de notre scénario et le dessiner en prenant le recul nécessaire, pour montrer que l'on se questionne sur l'impact de cette affaire, mais aussi avec beaucoup d'imagination artistique.

Quelles indications avez-vous donné pour la représentation des people?

Nous voulions être proches de la réalité sans être ni ultra-réalistes ni dans la caricature.

Les Bijoux de la Kardashian
Les Bijoux de la Kardashian © Glénat 2019

Pouvez-vous raconter votre méthode de travail et l’élaboration du scénario?

Nous avons rencontré plusieurs protagonistes du dossier et aussi eu accès à l'intégralité de l'enquête judiciaire. Des heures passées à éplucher PV d'audition, de surveillance, etc pour reconstituer au plus près la chronologie et le rôle de chacun dans l'affaire. A partir de ce premier travail, nous avons écrit le scénario en y intégrant des dialogues les plus réalistes possibles, là encore issus des déclarations de chacun devant les policiers. Par exemple, tous les dialogues lors de l'agression de Kim Kardashian sont au plus proches de la réalité car issus du croisement des déclarations de chacun des protagonistes devant les enquêteurs.

Comment avez-vous trouvé le titre qui fait référence à Tintin?

Devant un bon repas, avec des responsables de Glénat, on a "brainstormé" et on est tous tombé d'accord sur cette référence au maître de la bande dessinée. On imaginait Kim reprendre l'air de la Castafiore: "Ah je ris de me voir si belle sur Snapchat".

Quelle découverte vous a le plus marqué lors de votre enquête?

On a eu la chance de voir les vidéos de surveillance devant le No Adress Hotel où résidait Kim Kardashian avant son braquage. Et là, on est tombé de la chaise en découvrant ces mecs en vélo et gilets jaunes s'apprêtaient à braquer une icône des réseaux sociaux. On s'est dit: "ces mecs ne sont pas de notre époque".

Jérôme Lachasse