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Franck Riester annonce que des "petits festivals" pourront se tenir après le 11 mai

Franck Riester en janvier 2013

Franck Riester en janvier 2013 - Guillaume Baptiste - AFP

Invité ce jeudi matin au micro de France Inter, le ministre de la Culture a expliqué que les festivals "adaptés à des jauges petites" et qui ne présentent pas de "problème de sécurité", pourraient se tenir après le confinement. De quoi susciter l'"incompréhension" de certains professionnels.

Alors que la pandémie de coronavirus bouleverse le monde de l'art et de la culture, Franck Riester a annoncé ce jeudi sur France Inter que des "petits festivals" pourraient se tenir dès la fin annoncé du confinement, le 11 mai prochain. "On peut voir de quelle manière peuvent être organisés certains d’entre eux", a-t-il dit.

"C'est ce qu'on doit travailler avec les festivals, les organisations professionnelles, avec les autres ministres concernés par le déconfinement", a-t-il ajouté, quelques jours après l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron.

"La priorité sera la sécurité des spectateurs, la sécurité des artistes, la sécurité des techniciens. Si des festivals sont adaptés à des jauges petites et qu'il n'y a pas de problème de sécurité, nous les accompagnerons", a précisé Franck Riester. 

"La priorité sera la sécurité"

Lundi, le président de la République avait déclaré que "les grands festivals et événements avec public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu'à mi-juillet prochain". Une décision qui a entraîné cette semaine des annulations en série de grands festivals de l'été, parmi lesquels Les Vieilles Charrues, le Main Square, les Nuits de Fourvière, les Eurockéennes, Garorock ou encore les Francofolies de la Rochelle.

"C’est un moment difficile pour la Culture avec ces annulations de festival, mais l’État sera aux côtés des festivals pour passer cette étape de 2020, peut-être en organisant des festivals, et préparer 2021", a assuré le ministre de la Culture.

Le secteur du spectacle "dans la plus grande confusion"

Cette annonce a toutefois suscité l"incompréhension" de nombreux professionnels, qui ont réclamé "d'urgentes clarifications".

"Cette déclaration plonge l'ensemble du secteur du spectacle dans la plus grande confusion: festivals, producteurs de concerts, artistes et spectateurs sont dans l'incompréhension", grogne dans un communiqué le Prodiss, syndicat national du spectacle musical et de variété, première organisation patronale représentative des entrepreneurs de ce secteur dans le privé. "Quelles sont les définitions données aux 'grands festivals' et 'petits festivals'? Cela signifie-t-il que les concerts pourraient aussi se tenir?".

Le syndicat déplore par ailleurs "que l'arrêté précisant le cadre juridique de l'interdiction des festivals, à horizon 15 juillet" ne soit "toujours pas paru". "Les crises sanitaire et économique que la France traverse aujourd'hui sont trop graves pour qu'à celles-ci s'ajoutent des déclarations confuses", tacle Olivier Darbois, président du syndicat.

"Au cas par cas"

Après la parution de ce communiqué, Franck Riester a été plus précis lors d'une audition au Sénat. 

"Acceptons que nous puissions régler ça cas par cas. C'est certain qu'un grand rassemblement, une fosse avec 3000 personnes, les uns sur les autres, ce n'est pas imaginable", a-t-il dit. "Par contre, un petit festival rural, avec une scène, un musicien et 50 personnes, qui sont à un mètre les unes des autres, sur des chaises, et qui ont un masque, et en rentrant sur le site la possibilité de se bien se laver les mains avec des produits spécifiques: on pourra tenir ces festivals-là", a-t-il détaillé.

"Suite aux annonces d'Emmanuel Macron de nombreux festivals prévus après le 11 mai ont déjà̀ annoncé leur annulation. Une entreprise a besoin de visibilité et de lisibilité, d’autant plus dans le contexte d'incertitudes actuel", rappelle de son côté le Prodiss, soulignant que son secteur représente "près de 5 milliards de chiffre d'affaires et 135.000 emplois".

Nawal Bonnefoy avec AFP