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Vincent Desagnat: "Je m’appelle pas mal Michaël Youn ou Morning Live dans la rue"

Vincent Desagnat dans "Comment tuer sa mère", en salles le 13 juin 2018

Vincent Desagnat dans "Comment tuer sa mère", en salles le 13 juin 2018 - SND

A l'affiche de la comédie Comment tuer sa mère, Vincent Desagnat revient sur l'histoire du Morning Live et sa collaboration avec la "bande à Fifi".

Vincent Desagnat a toujours fait partie d'une bande. Au début des années 2000, il a participé à la révolution du Morning Live (l'émission qui réveille tes voisins!) avec Michaël Youn et Benjamin Morgaine. Pendant deux ans, lui et ses "compagnons de bêtises" ont secoué le PAF avant de débarquer au cinéma dans La Beuze et Les Onze commandements.

Ces derniers temps, Vincent Desagnat traîne avec la "bande à Fifi", une bande de joyeux drilles composée de Philippe Lacheau, de Tarek Boudali et de Julien Arruti. Avec eux, il a fait deux Babysitting et un Alibi.com. Des comédies au succès considérable devenues cultes instantanément.

C’est au Morning Live qu’il les a rencontrés. "Ils nous ont envoyé leur premier sketch, qu’on a diffusé. C'est comme ça qu'on les a découverts", se souvient Desagnat. Dans son nouveau film, la comédie Comment tuer sa mère, en salles mercredi 13 juin, il retrouve une partie de la "bande à Fifi": le réalisateur David Diane et Julien Arruti, avec qui il s’allie pour trucider sa mère acariâtre, incarnée par Chantal Ladesou.

"Stach Stach"

"Quand on aime bosser ensemble, c’est cool de pouvoir se retrouver sur des projets différents de Babysitting. Ça prouve que l’on peut faire des choses différentes", analyse Vincent Desagnat, qui a pris beaucoup de plaisir à jouer dans cette "comédie cynique".

"C’est hyper agréable de dire des horreurs", acquiesce-t-il en ajoutant qu’il reçoit peu de scénarios dans cette veine. "On me propose surtout des rôles proches de mon personnage dans Babysitting, Ernest, une espèce de doux dingue un petit peu ravi de la crèche". Malgré le succès de Babysitting, il ne reçoit pas plus de scénarios:

"J’ai de la chance de faire des films régulièrement depuis que j’ai commencé. Au moins un film par an. C’est pas la folie, mais c’est régulier".

La folie, justement: il y a quinze ans, il chantait avec ses compères Stach Stach. Le titre est resté onze semaines au Top 50. Un succès fou pour une chanson imaginée au départ comme une pochade. "On voulait faire une parodie de l’Eurovision", se souvient Vincent Desagnat. "Tout le monde nous a chauffé en nous disant qu’il fallait le sortir en single. On s’est laissé faire et on a halluciné. On a vendu 1,5 million d’exemplaires du single".

"La moindre connerie nous faisait rire"

Le Morning Live était réalisé avec la caméra personnelle de Michaël Youn. Dans une séquence demeurée "culte", Desagnat croise Youn en sueur dans la rue. Desagnat a une baguette dans la main, Youn du roquefort sous l'aisselle. Affamé, Desagnat sort un couteau et tartine sa baguette de roquefort. "Tu veux savoir la vérité?", lance le comédien pince-sans-rire. "On était très fatigué. La moindre connerie nous faisait rire. Ce genre de choses, on les trouvait dans l’instant. C’était aussi simple que ça".

On lui parle encore dans la rue de ses hauts faits du Morning Live. "Ca arrive de temps en temps, c’est drôle", confirme-t-il. "Sinon, je m’appelle pas mal Michaël Youn dans la rue. Morning Live aussi. Ou 'Wesh La Beuze', ça arrive". Après le Morning Live, Vincent Desagnat et Michaël Youn ont refusé de faire une adaptation au cinéma de l’émission. Ils se sont lancés dans La Beuze, avec la volonté d’apparaître dans un "vrai film de cinéma": "C’était cool de commencer par La Beuze, de rentrer dans le monde du cinéma par une vraie fiction, même si c’est débile et que ça ne vole pas très haut".

"Il n’y avait pas de personnage pour moi dans Nicky Larson"

Après le succès de La Beuze vinrent Les Onze commandements "pour revenir à [leurs] bêtises": "C’était long, intense, parfois douloureux", se souvient-il avec émotion. Il rit, puis ajoute "C’était unique".

Puis leurs chemins se sont séparés, avant de se retrouver sur Fatal en 2010. "C’est la vie de chacun, la carrière de chacun qui se développait", explique-t-il. Pendant que Michaël Youn fait son one man show, Vincent Desagnat décroche son premier rôle principal dans Le Carton de Charles Nemes, dont il garde un souvenir ému. Depuis, Vincent Desagnat a retrouvé Michaël Youn. Il a fait une apparition dans sa nouvelle comédie, Christ(off).

"C’était génial de se retrouver. Avec Michael et Benjamin, même si on ne se voit pas pendant six mois, à la seconde où on se retrouve, les bêtises, c’est reparti direct, comme si on s‘était vu la veille".

Les bêtises continueront: Vincent Desagnat devrait avoir un rôle plus important dans Rendez-vous chez les Malawa, parodie de Rendez-vous en terre inconnue que réalisera Michaël Youn en septembre. Il ne sera cependant pas dans l’adaptation de Nicky Larson que prépare Philippe Lacheau: "Pas cette fois-ci", se désole-t-il. "Il n’y avait pas de personnage pour moi. C’est aussi simple que ça. Ce n’est pas grave". Et puis il est attendu cette année dans deux nouvelles comédies: Raoul Taburin, d’après Sempé, et Beau-fils à papa, avec Kad Merad.

Jérôme Lachasse