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Tout ce qu'il faut savoir sur l'Étrange Festival 2017

Affiche de la 23e édition de l'Étrange Festival

Affiche de la 23e édition de l'Étrange Festival - Étrange Festival

La manifestation parisienne revient pour une 23e édition. Parmi les festivités: une carte blanche Caro/Jeunet, un hommage à Alex de la Iglesia et une comédie potache du rappeur américain Flying Lotus.

Du 6 au 17 septembre, l'insolite et le bizarre s'emparent du Forum des Images à l'occasion de la 23e édition de l'Étrange Festival. Depuis près de 25 ans, cette manifestation est le rendez-vous des amateurs de cinéma de genre, l'endroit idéal pour découvrir sur grand écran "tout ce qui peut sortir des sentiers battus ou vous paraître singulier, novateur, insolite, voire bizarre", résume Frédéric Temps, président de l’Étrange Festival.

La programmation oscille entre pochades trash, récits horrifiques et polars. Elle offre une belle visibilité à des films dont la plupart ne connaîtront pas de sortie française. Cette année, l'un des événements sera la pochade Kuso, qui a fait scandale au festival de Sundance en janvier dernier.

Il y aura aussi des raretés (comme Le Trio Infernal avec Romy Schneider) et des cartes blanches de Caro & Jeunet, le tandem virtuose responsable de Delicatessen et La Cité des enfants perdus, et des maîtres espagnols Alex de la Iglesia (Le Jour de la Bête) et Jaume Balaguero (Rec). En tout, 131 séances, dont 9 premières mondiales.

Le premier Étrange Festival, "c’était de la folie furieuse"

L'aventure de l'Étrange Festival commence en 1993. A cette époque, Frédéric Temps "voit beaucoup de films en festival ou en VHS américaines et japonaises qui ne sortaient pas en salle en France". C'est en discutant avec un ami journaliste que leur vient l'idée "de créer une espèce de rendez-vous total, un festival où ces films pourraient être enfin visibles, au moins une fois".

La première édition se tient dans une salle désormais disparue, Le Passage du Nord-Ouest, située non loin du Palace (Paris IXe). Pour sa première année, la manifestation frappe fort, en présentant plus de 150 films. Le festival s’étendait alors sur deux mois, de fin juillet à mi-septembre. "C'était de la folie furieuse. Plus personne ne ferait ça aujourd’hui", explique Frédéric Temps. Pour accueillir cette "sélection bizarroïde et étrange", les exploitants de la salle décident de la transformer complètement:

"Ils ont créé un espace où vous étiez installé dans des balancelles pour découvrir les films. A l’époque, on pouvait encore fumer dans les salles. Elle était équipée d’un long bar, comme si c’était une salle de concert. Les gens venaient voir des films dans des conditions estivales, proches du Club Med si je puis dire: en fumant une clope ou en allant chercher une bière au bar - ce qui en a fait un 'étrange festival'."

En 1996, l'Étrange Festival débarque, sans les balancelles, au Forum des Images. Depuis, le festival ne l’a plus jamais quitté. Et le salle n'a plus été transformée. "On ne joue plus trop à ça", répond Frédéric Temps. "Lorsque des salles faisaient ça dans les années 1970-1980, il n’y avait pas de préoccupation sanitaire. Mais s’il y a de la farine et de l’eau partout, c’est tout de suite dégueulasse. Et je ne vous raconte même pas le bazar que ça ferait sur des fauteuils en velours et le coût d’investissement".

Hommage à Caro et Jeunet et à Alex de la Iglesia

Cette 23e édition sonne comme un retour aux sources. Les Espagnols Jaume Balaguero et Alex de la Iglesia, deux cinéastes présents dès la première année, viendront présenter les films qui les ont inspirés. "Dès la deuxième année, on a fait un focus sur ce cinéma, avec les premiers Julio Medem et Alex de la Iglesia", détaille Frédéric Temps. "Et les deux premiers courts métrages de Jaume Balaguero ont été primés: Alicia a reçu le Grand Prix en 1994 et Días sin luz a reçu le prix du jury en 1995".

Le festival présentera également la fine fleur du cinéma de genre français. "Cette année, on a des gros morceaux. Le premier long-métrage de Bertrand Mandico, Les Garçons sauvages. C'est un cinéma très poétique et magique à la Jean Cocteau", explique Frédéric Temps. "Il y aura aussi le nouveau film de Jean-Stéphane Sauvaire, Une Prière avant l’aube. C’est pour moi l’un des meilleurs films de l’année, une très belle réponse à Midnight Express, mais en version  sud-asiatique". Présenté à Cannes en mai dernier, le film sortira en 2018.

Un film très rare avec Romy Schneider et Michel Piccoli

Les diverses cartes blanches présenteront des films comme Les Noces rebelles, Elephant man ou Le Trio infernal avec Romy Schneider. "Il est intéressant de voir que les inspirations de réalisateurs à la réputation un peu sulfureuse peuvent s’approcher des goûts de monsieur Tout-le-monde", note Frédéric Temps. Ainsi, le cinéaste iconoclaste japonais Sono Sion a pu présenter lors d'une précédente édition Babe 2, une œuvre a priori éloignée de son univers. La séance du Trio infernal constitue d'ailleurs un événement: il n’y a plus de copie disponible du film.

Parmi les séances à ne pas manquer (le planning complet est disponible en cliquant ici), Frédéric Temps conseille, outre les titres précédemment cités, Kuso, première réalisation du rappeur américain Flying Lotus: "C'est presque la symbiose de ce qu'est l'étrange festival, un film totalement libre, très drôle. Toutes les techniques du cinéma sont là, de la 3D à la motion capture. C'est un vrai film de plaisir".

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- © Etrange Festival

tarifs

8,50 € plein tarif / 7 € tarif réduit (étudiant, demandeurs d’emploi, plus de 60 ans) / 6,50 € avec la carte Forum Liberté du Forum des images 30 € la carte 5 films / 55 € la carte 10 films 12 € la séance chamanique de Tom de Pékin / 10 € soirée BITS

Vente en ligne depuis le 30 août, en caisse à partir du 4 septembre.

Jérôme Lachasse