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Scarlett Johansson appelle au boycott de la HFPA, qui organise les Golden Globes

Scarlett Johansson aux Tony Awards le 11 juin 2017

Scarlett Johansson aux Tony Awards le 11 juin 2017 - Angela Weiss - AFP

Dans son communiqué, l'actrice américaine dénonce le sexisme des conférences de presse organisées par la HFPA.

"Il est temps que nous prenions nos distances avec la HFPA." Scarlett Johansson s'est insurgée, dans un communiqué publié samedi sur le site Variety, contre la Hollywood foreign press association (HFPA), qui organise les Golden Globes. Dans sa déclaration, l'actrice américaine appelle l’industrie du cinéma à "prendre du recul" par rapport à cette organisation, jusqu’à ce que celle-ci mette en place des réformes jugées plus concrètes. Elle dénonce aussi le sexisme des conférences de presse organisées par la HFPA.

"A moins qu'il y ait une réforme profonde au sein de l'organisation, je crois qu'il est temps que nous prenions nos distances avec la HFPA", estime la star hollywoodienne dans son communiqué.

"Lorsqu'un acteur fait la promotion d'un film, on attend de lui qu'il participe à la saison de remises des prix en participant aux conférences et aux cérémonies. Dans le passé, cela voulait souvent dire répondre à des questions et des remarques sexistes de certains membres de la HFPA, à la limite du harcèlement sexuel", a-t-elle raconté. "C'est exactement la raison pour laquelle j'ai refusé, depuis plusieurs années, de participer à leurs conférences."

"La HFPA est une organisation rendue légitime par des gens comme Harvey Weinstein, afin de créer un élan qui favorise la reconnaissance de l'Académie, et l'industrie a suivi."

Une série de réformes

L'organisation, un groupe d'environ 90 journalistes qui attribue les prestigieux prix des Golden Globes, a été vivement critiquée par Hollywood pour le manque de diversité parmi ses membres. Jeudi, les membres de l'association ont majoritairement approuvé une série de mesures visant à remédier à la situation, parmi lesquelles une augmentation de leur effectif de 50% dans les 18 prochains mois, avec notamment le recrutement de journalistes noirs, ainsi que la réforme du système opaque et restrictif régissant les admissions.

Toujours prestigieux, mais en perte de vitesse ces dernières années, les Golden Globes avaient commencé à s'interroger sur leur avenir après des menaces de boycott qu'avaient suscitées les récentes controverses.

L'ancien président Philip Berk a été radié le mois dernier pour avoir fait circuler un email qualifiant Black Lives Matter de "mouvement de haine" et deux consultants engagés par la HFPA pour résoudre ses lacunes en matière de diversité ont démissionné, faute de voir la situation évoluer.

La plupart des membres de la HFPA sont des correspondants travaillant régulièrement pour des médias connus et respectés dans leur pays, comme Le Figaro ou El Pais. Mais la réputation de ce très inhabituel jury a pâti par le passé de la présence d'une poignée de personnalités plus surprenantes, à l'activité journalistique aussi épisodique que confidentielle (un ancien culturiste russe ayant joué dans des films de série B, la veuve d'un acteur écrivant pour des médias tahitiens, etc.). Surtout, l'organisation a été à de multiples reprises critiquée pour le peu d'attention accordée aux artistes noirs ou issus de minorités, souvent snobés dans les palmarès des Golden Globes.

Nawal Bonnefoy avec AFP