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Rampage: Pourquoi Dwayne Johnson est le roi incontesté du box office

Rampage

Rampage - Warner Bros Pictures

A l'affiche de Rampage, Dwayne Johnson ne cesse de rencontrer le succès dans les salles obscures. Quels sont les secrets de sa réussite?

Quatre mois seulement après le succès considérable de Jumanji: Bienvenue dans la jungle, Dwayne "The Rock" Johnson est prêt à conquérir une nouvelle fois le box office avec Rampage. Adaptation du célèbre jeu vidéo des années 1980 où un gorille, un reptile et un loup-garou géants doivent détruire une ville, Rampage a déjà récolté plus de 300 millions de dollars dans le monde entier. 

Bien accueilli par la critique, le blockbuster réalisé par Brad Peyton (San Andreas) aurait cependant pu être un four au box office, affirment les analystes. Selon eux, le succès du Rampage tient à un seul élément: Dwayne Johnson.

"C'est de la bonne vieille magie de star qui est à l'œuvre ici. Peu d'acteurs de nos jours peuvent réussir cet exploit", a affirmé Jeff Bock à Variety. "S'il y avait eu un autre acteur, le film n'aurait pas fonctionné. Sans Dwayne Johnson, il aurait eu besoin de beaucoup de chance pour récolter 20 millions de dollars [lors de son premier week-end d'exploitation]. Cela vous donne une idée de son pouvoir d'attraction au box-office".

Dwayne Johnson, le "viagra des franchises"

Dans les années 2000, les stars capables d'attirer les foules s'appelaient Johnny Depp, Brad Pitt, Julia Roberts ou encore Leonardo DiCaprio. Aujourd'hui, seul reste DiCaprio, bien qu'il ne soit pas apparu à l'écran depuis 2015. Entre-temps, Dwayne Johnson s'est imposé comme un visage familier. Et comme le sauveur des blockbusters. Tout commence en 2011. L'acteur est embourbé dans des films familiaux comme Fée malgré lui. Il décide alors de changer d'agent et d'imposer au générique de ses films son véritable nom. Fini, The Rock, longue vie à Dwayne Johnson. 

La même année, il intègre Fast & Furious 5 et s'approprie un rôle écrit à l'origine pour Tommy Lee Jones. Son charisme naturel et la promesse d’un affrontement avec Vin Diesel propulsent en tête du box-office mondial la série. Fast & Furious 5 récolte 626 millions de dollars, le sixième 788 millions et les deux derniers dépassent le milliard de dollars. Devenu essentiel à la saga, Dwayne Johnson obtient même un spin-off centré sur son personnage et celui de Jason Statham. Sortie prévue en 2019.

La machine Dwayne Johnson est lancée. Pour relancer ses franchises en déshérence, Hollywood fait depuis systématiquement appel à l'acteur. En 2012, il sauve Voyage au centre de la Terre 2: L'Île mystérieuse et offre au passage la "Pec Pop of Love", la danse des pectoraux de l’amour. En 2013, c'est au tour de G.I. Joe: Conspiration d'être sauvé par Dwayne Johnson et une tirade restée célèbre sur Jay-Z. Les deux films ont surpassé les attentes des producteurs au box-office. Pour Jumanji: Bienvenue dans la jungle, celui que l'on surnomme désormais à Hollywood "le viagra des franchises" a opéré la même magie. Les recettes s'élèvent à 957 millions de dollars.

"Une star du cinéma d’action à l’ancienne"

Comment expliquer ce succès? Dwayne Johnson est le héros positif dont a besoin l’Amérique. Celui qui la sauve des invasions dans GI Joe: Conspiration, des catastrophes naturelles dans San Andreas et des monstres géants dans Rampage. C’est un homme fidèle à ses principes, dévoué à sa famille, qui travaille sans relâche. Une image qu'il véhicule sur les réseaux sociaux et dans la presse. A l'exception de sa série Ballers sur HBO, ses personnages, trop occupés à sauver le monde, ont rarement le temps de séduire. Cela n’a pas empêché l’Amérique de tomber amoureuse de lui. Et le magazine Rolling Stone d’écrire en 2001 que Dwayne Johnson est "une star du cinéma d’action à l’ancienne, avec un soupçon de Rudolph Valentino", le latin lover du cinéma muet.

Au cinéma, Dwayne Johnson a souvent joué les demi-dieux. Il a été le roi Scorpion dans La Momie, un Hercule charlatan chez Brett Ratner et enfin un demi-dieu Maori dans Vaiana de Disney. Il a aussi collectionné les rôles de footballeurs, de flics et de marines. Il partage avec Arnold Schwarzenegger, son modèle, un goût immodéré pour les bons mots et un talent pour conserver son sérieux dans les pires nanars. Les deux hommes se sont croisés une seule fois au cinéma. C’était en 2004, dans Bienvenue dans la jungle. Le maître y lance à son élève ces mots prophétiques: "éclate-toi". Un conseil qu’il suit depuis à la lettre et qu'il applique dans Rampage.

Sauver le monde, c'est dur

Dès les premières minutes de son nouveau film, Dwayne Johnson joue avec les attentes du spectateur. On le voit de dos, dans une jungle qui ressemble à celle des Aventuriers de l’arche perdue. Erreur: l’action se déroule en réalité à San Diego dans un sanctuaire pour singes. Dans le film, Dwayne Johnson joue un primatologue. Ses collègues l'admirent: "Les filles l’adorent. Je devrais me raser le crâne", soupire l'un d'eux.

Il fascine par son charisme et ses muscles, mais sait être maladroit et faire preuve d'autodérision. Même lorsqu'il doit sauver le monde, The Rock n'oublie jamais de placer ses récits à hauteur des individus. Même dans le feu de l’action et dans les pires situations, il n’oublie jamais de montrer que lui aussi peut faillir, avant de triompher. Il tient ce principe fondamental, qui le porte aux cimes du box office, non de Schwarzenegger, mais de Jackie Chan, qui a construit sa carrière sur cet improbable mélange de castagnes et de gaffes. 

Les retournements de situation peuvent paraître invraisemblables. Pour The Rock, non. Parce qu'il croit dur comme fer qu’un loup volant s’apprête à détruire Chicago, le public y croit et frissonne avec lui. L'adhésion du spectateur est aussi renforcé par son corps meurtri qui apparaît à l'écran. Dans Rampage, Dwayne Johnson souffre. Il termine le film ensanglanté, essoufflé. Rien n’est simple. C'est sa philosophie. Il faut travailler dur pour sauver le monde. 

Jérôme Lachasse