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Pourquoi Netflix pourrait boycotter le Festival de Cannes 2018

La présentation d'Okja au Festival de Cannes

La présentation d'Okja au Festival de Cannes - Valery Hache / AFP

Les films Netflix peuvent revenir à Cannes, mais ne pourront pas concourir dans la compétition officielle s'ils ne sont pas distribués au cinéma.

Viendra ou viendra pas? Depuis mai 2017, Netflix sème la zizanie sur la croisette. L'ajout en compétition officielle de deux films du géant du streaming, Okja de Bong Joon-ho et The Meyerowiz Stories de Noah Baumbach, avait provoqué la colère des exploitants français. 

En mars dernier, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, est revenu sur la polémique dans une longue interview publiée dans Le Film Français. Il y a fait son mea culpa, dix mois après la polémique:" L'an dernier, lorsque nous avons sélectionné ces deux films, je pensais convaincre Netflix de les sortir en salle. J'étais bien présomptueux. Ils ont refusé". 

Lors de l'interview, Thierry Frémaux se montre donc catégorique, confirmant une décision qu'il avait déjà annoncé lors du dernier Festival de Cannes en mai dernier: les films Netflix pourront revenir à Cannes, mais ne pourront pas concourir dans la compétition officielle. Ils pourront être intégrés à la sélection officielle uniquement s'ils sont distribués en salle. La réponse de Netflix est tout aussi catégorique.

"Ils utilisent Cannes comme une arme"

Selon The Hollywood Reporter et Vanity Fair, Netflix pourrait boycotter purement et simplement le prochain Festival de Cannes, où il comptait dévoiler plusieurs films très attendus comme Roma d’Alfonso Cuaron, Norway de Paul Greengrass, Hold the Dark de Jeremy Saulnier et surtout The Other Side of the Wind, le film inachevé d'Orson Welles.

"Ils utilisent Cannes comme une arme. Que vont-il faire? Les studios ne financent pas ces films. Ce n'est pas comme si les réalisateurs choisissaient Netflix au lieu de sortir leur film sur 2500 écrans", a indiqué une source à Vanity Fair.

Lors du dernier Festival de Cannes, en pleine polémique Okja, Ted Sarandos, le PDG de Netflix, avait déjà dénoncé la nouvelle réglementation de Thierry Frémaux, indiquant que retourner à Cannes n'était pas "si intéressant" si ses films étaient présentés hors compétition.

Contrairement aux Etats-Unis, Netflix est en effet confronté à un autre problème en France: la plateforme ne peut pas distribuer dans les cinémas ses films à cause de "l’état actuel de la législation française sur la chronologie des médias", précise Première.

La situation semble donc au point mort. Thierry Frémaux devrait apporter plus d'éléments jeudi 12 avril lors de l'annonce de la sélection officielle de la 71e édition. 

Jérôme Lachasse