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Pirates des Caraïbes 5: découvrez l'histoire mouvementée de la saga à succès avec Johnny Depp

Alors que sort ce mercredi en salles le cinquième volet de Pirates des caraïbes, on vous raconte l'histoire mouvementée de la saga portée par Johnny Depp.

Quatorze ans après sa première aventure cinématographique, Jack Sparrow alias Johnny Depp reprend du service dans le très réussi Pirates des Caraïbes: La Vengeance de Salazar. Fidèle à l'esprit burlesque et grandiloquent des premiers épisodes de la série initiée en 2003, ce cinquième volet propose son lot de scènes extraordinaires tout en ajoutant, d'une manière inattendue, un soupçon d'émotion. Les fans seront ravis: de nombreux visages familiers sont de retour, dont ceux d'Orlando Bloom (Will Turner) et de Barbossa (Geoffrey Rush).

Toujours produit par Jerry Bruckheimer (Top Gun, Bad Boys), la saga est devenue pour Disney une véritable manne financière. Jusqu'à présent, les quatre premiers films ont rapporté plus de 3,7 milliards de dollars au box-office et près de 2 milliards en produits dérivés. La Vengeance de Salazar, en salle ce mercredi 26 mai, s'apprête lui aussi à tutoyer les sommets du box-office. Un succès presque insolent, la saga ayant survécu à de multiples changements de scénario, à de nombreux incidents de tournage et à des dépassements de budget. Une histoire aussi mouvementée que celle décrite à l'écran et qui, comme nous sommes au cinéma, se termine bien entendu avec panache.

Idée rejetée, budget trop important

Tout a commencé sur Aladdin. Ce sont Ted Elliott et Terry Russio, les scénaristes du célèbre dessin animé de Disney, qui ont eu l'idée, aux débuts des années 1990, de mêler au sein d'un même film surnaturel et pirates. Malheureusement pour eux, l'idée est rejetée par tous les studios hollywoodiens. A la même époque, Disney cherche à produire un film inspiré de l'attraction Pirates des Caraïbes. Les scénaristes se succèdent, mais aucun ne réussit à convaincre le producteur Jerry Bruckheimer.

Jusqu'au jour où Ted Elliott et Terry Russio, bien connus de Disney, sont engagés pour réécrire le scénario de ce Pirates des Caraïbes. L'idée de pirates morts-vivants est alors validée, mais Disney menace d'annuler le film: le budget est trop important. Les craintes sont rapidement dissipées lorsque Bruckheimer présente une série de concepts art très prometteurs. L'infaillible flair du producteur ne l'a pas trahi: lors de sa sortie en 2002, le film remporte un immense succès, en partie lié à la prestation de Johnny Depp en Jack Sparrow. L'acteur devient alors grâce au film l'un des acteurs les mieux payés au monde. 

Ouragans et soleil brûlant sur le tournage

Pour la suite, Disney et Jerry Bruckheimer voit les choses en grand et décident de réaliser le deuxième et troisième volet de la saga de Johnny Depp en même temps, comme les sœurs Wachowski l'avaient fait pour Matrix. Pour les scénaristes Ted Elliott et Terry Russio, l'affaire se corse. Dans le commentaire audio du film, les deux hommes ont dévoilé qu'ils n'étaient pas libres d'inventer de nouvelles situations et de nouveaux personnages, comme l'avait fait Steven Spielberg sur Indiana Jones. Ils ont dû poursuivre l'histoire commencée dans La Malédiction du Black Pearl, film qui n'avait pas été envisagé comme le début d'une trilogie.

Avant d'opter pour le Hollandais volant et le Kraken, ils envisagent de centrer le récit autour de la Fontaine de Jouvence, ce qu'ils feront dans le quatrième film. Le tournage, régulièrement interrompu à cause de la saison des ouragans aux Caraïbes, se révèle une véritable épreuve pour les comédiens qui doivent jouer en costume d'époque sous un soleil brûlant. Malgré l'épreuve d'un double tournage, la sortie des deux films confirme la popularité de la saga. 

Frasques de Johnny Depp

Après le succès considérable de Jusqu'au bout du monde (plus de 900 millions de dollars de recette), Jerry Bruckheimer décide de remettre le couvert. Cette fois-ci, Disney veut réduire budget après celui, faramineux, du troisième film (plus de 300 millions de dollars). Conséquence: la post-production et la conception des effets spéciaux de La Fontaine de jouvence se déroulent sur un temps très court, soit 22 semaines au lieu de 40, comme c'est souvent le cas sur les productions de ce genre. Au box-office, La Fontaine de jouvence surpasse de peu Jusqu'au bout du monde, en récoltant 1.045 milliard de dollars. 

Six ans plus tard débarque La Vengeance de Salazar, après une conception longue et mouvementée. Originalement prévu pour 2015, le film sort finalement en 2017. Tout au long de la production, Bruckheimer a fait état des problèmes rencontrés par le scénario, qui a subi de nombreuses réécritures. Johnny Depp, qui avait déjà supervisé le scénario des précédents volets, a refusé une version du scénario comprenant un personnage féminin. Selon le scénariste Terry Russio (qui signe ici seulement l'histoire originale), Depp aurait refusé que le personnage féminin soit le méchant du film, l'acteur craignant que La Vengeance de Salazar ne ressemble trop à Dark Shadows de Tim Burton, où il affronte Eva Green.

Selon le Hollywood Reporter, le tournage aurait enfin été émaillé par les frasques de Johnny Depp, qui arrivait ivre sur le plateau, sans connaître ses répliques. En tout, le budget total du film serait passé au cours de la production de 250 à 320 millions de dollars. Nul doute que Disney raflera le triple ou le quadruple de cette mise au box office dans les prochaines semaines. 

Jérôme Lachasse