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Natalie Portman impressionne dans le biopic de Jackie Kennedy

Natalie Portman dans "Jackie", en salles le 1er février 2017

Natalie Portman dans "Jackie", en salles le 1er février 2017 - Bac Films

La comédienne est nommée à l'Oscar de la Meilleure actrice pour son interprétation dans Jackie, en salles ce mercredi 1er février.

Et si Jackie Kennedy permettait à Natalie Portman de remporter son deuxième Oscar (après Black Swan en 2011)? Car dans Jackie, le biopic du Chilien Pablo Larrain en salles ce mercredi, l'actrice de 35 ans incarne avec brio une Jackie Kennedy éplorée et digne. Portrait intimiste et sensible de l'ex-Première dame américaine, Jackie raconte, à travers son regard, les journées qui ont suivi l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963.

Tourné en partie en région parisienne, à la Cité du cinéma de Luc Besson, où les intérieurs de la Maison Blanche ont été reconstitués, Jackie est le premier film en anglais de Pablo Larrain, auteur de No, El Club et Neruda, sur le poète et homme politique chilien. Sorti en France il y a moins d'un mois, Neruda traitait déjà de la vie d'une personnalité sous une forme décalée, présentée par le réalisateur comme un "faux biopic".

La plus inconnue des personnalités connues

Pour Jackie, Pablo Larrain explique avoir voulu opter pour une narration "plus émotionnelle que psychologique" pour parler de "l'une des femmes les plus photographiées et les plus scrutées du 20e siècle", sur laquelle on ne sait pourtant que "peu de choses".

"Je crois que Jackie était une femme très mystérieuse, l'une des femmes les plus inconnues parmi les personnalités connues dans le monde. C'était un grand défi pour moi d'utiliser l'instrument du cinéma pour arriver jusqu'à elle", a indiqué le réalisateur de 40 ans à la dernière Mostra de Venise, où Jackie a été récompensé par le prix du scénario.

"Nous savons tous ce qui est arrivé à Kennedy mais nous ne savons pas ce qu'ont été ces trois journées pour elle. J'ai cherché des tranches de mémoires, des morceaux d'idées qui ne sont pas montés chronologiquement", a-t-il ajouté.

Accompagné par la musique omniprésente et envoûtante de la compositrice et chanteuse anglaise Mica Levi, nommée aux Oscars, le film opère un va-et-vient entre ces heures dramatiques et les jours heureux de la Première Dame à la Maison Blanche, avec pour fil rouge la conversation entre Jackie Kennedy et un journaliste venu l'interviewer après le décès de son mari. 

Le tournage "le plus dangereux" de Natalie Portman

Dans ce portrait à la construction éclatée, Natalie Portman est impressionnante en Jackie Kennedy à la fois forte et fragile, insaisissable, dont elle retranscrit la façon de se mouvoir, les attitudes et la voix, mais aussi les multiples émotions, de la douleur à l'angoisse. La caméra de Pablo Larrain la suit de très près tout au long du film, avec de gros plans sur son visage, tandis que sa voix feutrée capte l'attention du spectateur.

"Ca a été difficile pour Natalie d'avoir des personnes de l'équipe aussi près pendant tout le tournage mais je voulais quelque chose de proche, d'intime pour parvenir à ressentir ce que Jackie avait ressenti. On a capturé une humanité en danger. C'est une personne en danger", a expliqué Pablo Larrain. 

"Je n'ai pas voulu la célébrité, je suis devenue une Kennedy", dit Jackie à un prêtre venu la soutenir, à qui elle fait fait part de ses doutes, de ses inquiétudes. Natalie Portman, dont la filmographie compte déjà une quarantaine de longs métrages (depuis Léon de Luc Besson en 1994), a admis avoir vécu le tournage "le plus dangereux" de sa carrière.

"Tout le monde connaissait Jackie, savait comment elle se déplaçait, comment elle marchait. Il y a avait donc la possibilité de comparer avec l'originale et cela me faisait très peur parce que je ne me suis jamais considérée comme une grande imitatrice", avait-elle souligné à Venise.

Fabien Morin avec AFP