BFMTV

Mort de Philippe Clair, réalisateur de "Plus beau que moi, tu meurs" et "Par où t'es rentré... On t'a pas vu sortir"

Le réalisateur Philippe Clair en 2013

Le réalisateur Philippe Clair en 2013 - Gille Bottineau - CC

Le réalisateur Philippe Clair, à qui l'on doit tant de "nanar" français avec Michel Galabru ou Aldo Maccione, vient de mourir à l'âge de 90 ans.

Par où t'es rentré? On t'a pas vu sortir, Rodriguez au pays des merguez... Philippe Clair à qui l'on doit toutes ces comédies franchouillardes, s'est éteint samedi à l'âge de 90 ans, a annoncé son avocat dans un communiqué.

"Nous vous informons de la disparition hier (samedi) de Philippe Clair, producteur auteur, réalisateur et comédien de nombreux films de comédies populaires des années 80", a annoncé dimanche Me Gérald Bigle, à la demande de la famille du défunt.

Le Führer en folie avec Alice Sapritch, La grande java avec les Charlots, Rodriguez au pays des merguez, Plus beau que moi tu meurs, Si tu vas à Rio... tu meurs avec l'Italien rouleur de mécaniques Aldo Maccione ou encore Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir, avec la star américaine Jerry Lewis... Autant de films signés Philippe Clair, qui ont marqué les années 70-80 et le genre des nanars.

Nanars comiques

"S'il ne fut pas le plus prolifique des réalisateurs français de nanars comiques, son nom reste, autant que ceux de Max Pécas ou Richard Balducci, un symbole de la grande époque du rire gras", affirme le site spécialisé Nanarland, qui le qualifie de "roi du comique couscous merguez".

L'affiche de "Par où t'es rentré... On t'a pas vu sortir" de Philippe Clair
L'affiche de "Par où t'es rentré... On t'a pas vu sortir" de Philippe Clair © Gaumont

Acteur d'abord, né Prosper Bensoussan en 1930 au Maroc, Philippe Clair se forme à Paris, au cours de René Simon, qui lui trouve son pseudonyme. Il passe à la réalisation en 1964 avec Déclics et des claques, une comédie avec Annie Girardot.

Après une pause, il revient à la réalisation dans les années 70 avec "La grande java", où il fait connaître la troupe des Charlots avant de faire la rencontre avec Aldo Maccione avec qui il va collaborer à de nombreuses reprises. Le duo atteindra des sommets -d'absurde et au box-office - avec Plus beau que moi, tu meurs, 3 millions d'entrées en 1982 et film préféré d'un certain Zinédine Zidane.

Philippe Clair ne faisait pas mystère de sa relation chaotique avec l'acteur italien, qui était selon lui "odieux". "Le producteur [de Plus beau que moi, tu meurs] m'a fait jurer que je ne le tuerais pas", racontait-il en rigolant, dans le documentaire de Gilles Botineau, Plus drôle que lui tu meurs".

Après L'aventure extraordinaire d'un papa peu ordinaire (1989), son 16e film et le seul à la tonalité dramatique, Philippe Clair cesse de réaliser. Le film fut "un bide" qui le grilla dans le milieu du cinéma, confia-t-il des années plus tard.

L'affiche de "Plus beau que moi tu meurs", de Philippe Clair avec Aldo Maccione.
L'affiche de "Plus beau que moi tu meurs", de Philippe Clair avec Aldo Maccione. © Gaumont

Mépris d'une partie de la critique

En 2018, il publie un livre d'entretiens, où il revient sur sa carrière et le mépris d'une partie de la critique à son encontre.

Une pétition lancée par un fan circula en ligne en 2019 pour que ses films sortent en DVD.

Philippe Clair est le père du comédien Esteban, aussi connu à la scène sous le nom de David Boring, au sein du groupe Naive New Beaters.

M. R. avec AFP