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Marilyn, James, Alfred... Quand Hollywood revisite ses légendes

Michelle Williams incarne Marilyn Monroe dans "My Week with Marilyn" (2012).

Michelle Williams incarne Marilyn Monroe dans "My Week with Marilyn" (2012). - Studio Canal

Si James Dean est à l'honneur dans le film Life d'Anton Corbijn qui sort ce mercredi 9 septembre, il n'est pas la première légende hollywoodienne à avoir vu sa vie (ou une partie de sa vie) transposée sur grand écran. De Marilyn Monroe à Alfred Hitchcock en passant par Grace Kelly, retour sur ces légendes du 7ème Art remises à l'honneur par Hollywood.

Si le réalisateur Anton Corbijn ne considère pas son film Life comme un biopic de James Dean, il n'en reste pas moins que le héros de La Fureur de vivre est bien l'attraction principale de ce long-métrage sorti ce 9 septembre sur les écrans. Le jeune acteur Dane DeHaan a eu la lourde responsabilité d'incarner l'icône du cinéma américain des années 1950 dans ce long-métrage qui retrace la rencontre entre le photographe Dennis Stock (incarné par Robert Pattinson) et l'acteur débutant qu'était alors James Dean. Le film n'est donc pas un film sur la vie de cette étoile filante du cinéma américain, mais sur un moment de sa vie.

Ce procédé n'est pas sans rappeler d'autres films sortis ces dernières années et qui mettent en avant un chapitre de la vie d'une légende hollywoodienne, plutôt que sa vie et son oeuvre entières (comme purent le faire par exemple La Môme sur Edith Piaf, Walk the Line sur Johnny Cash ou Ray sur Ray Charles). Ainsi, en 2012, Michelle Williams incarnait Marilyn Monroe dans My Week with Marilyn. Ce film de Simon Curtis se penchait sur un moment de la vie de l'icône Marilyn, celui du tournage du Prince et la Danseur de Laurence Olivier (ici incarné par Kenneth Branagh). A l'instar d'Anton Corbjin et de Life, le producteur David Parfitt disait de ce film qu'il n'était "pas un biopic sur Marylin, mais plutôt une fenêtre ouverte sur la femme qu'elle fut le temps d'un tournage, sur un film bien particulier".

Anthony Hopkins dans la peau d'Alfred Hitchcock (2013)
Anthony Hopkins dans la peau d'Alfred Hitchcock (2013) © Twentieth Century Fox France

L'histoire d'Hollywood par le prisme de ses légendes

C'est également le cas pour Hitchcock, le film de Sacha Gervasi sorti en 2013, et dans lequel les spectateurs pouvaient retrouver Anthony Hopkins dans la peau du "maître du suspense". Plutôt que de s'intéresser à l'immense carrière du cinéaste britannique dans son ensemble à travers un biopic classique (mais fastidieux), les producteurs ont préféré centrer leur film sur le tournage de son chef d'oeuvre Psychose. Le réalisateur Sacha Gervasi voulait privilégier l'histoire d'amour entre Alfred Hitchcock et son épouse Alma et la nature complexe de leur relation. Un film non pas à la gloire de cette légende du cinéma, mais un film qui permettait plutôt de mieux comprendre la personnalité du réalisateur de La mort aux trousses et Vertigo.

Si Hollywood n'a jamais offert de biopic de Walt Disney, par exemple, un film le mettait pourtant à l'honneur en 2014. C'est Tom Hanks qui apparaissait alors sous les traits du patron de Disney. Dans l'ombre de Mary revenait sur la genèse compliquée du projet d'adaptation de Mary Poppins par Disney et les relations du père de Mickey avec l'écrivain P. L. Travers. Une histoire dans l'histoire. Quelques mois de la vie de Disney portés à l'écran. Et l'oeil d'Hollywood sur une page de son histoire par le prisme de l'une de ses légendes. A l'inverse par exemple d'un Aviator où Martin Scorsese retraçait plus de vingt années de la vie tumultueuse de l'industriel, milliardaire, réalisateur et producteur Howard Hughes (interprété par Leonardo DiCaprio).

Tom Hanks incarne Walt Disney dans "Dans l'ombre de Mary" (2014)
Tom Hanks incarne Walt Disney dans "Dans l'ombre de Mary" (2014) © The Walt Disney Pictures

Quand l'histoires fait des vagues

De nombreux monstres sacrés du cinéma ont déjà eu droit à leur biopic par le passé comme Charlie Chaplin avec Chaplin de Richard Attenborough avec Robert Downey Jr. (1993). Mais la nouvelle tendance outre-Atlantique consiste désormais de plus en plus à s'intéresser à un moment d'une vie plutôt que de dresser un panégyrique cinématographique complet. Mais parfois, même les petites histoires peuvent faire des vagues.

En 2014, Olivier Dahan dirige Nicole Kidman pour Grace de Monaco. L'actrice y incarne Grace Kelly et le film plonge les spectateurs en 1962, six années après le mariage entre l'ancienne muse d'Alfred Hitchcock et le prince Rainier, une période où la star de Fenêtre sur cour et La Main au collet hésite entre sa carrière à Hollywood et son avenir comme Princesse de Monaco. Présenté à Cannes, le film s'est attiré les foudres du Rocher. Albert II, Caroline et Stéphanie avaient vivement critiqué le film qui proposait "une page de l'histoire de la Principauté, basée sur des références historiques erronées et littéraires douteuses". Les légendes n'aiment pas être égratignées. Même sur certains détails. Et surtout pas par Hollywood.

Fabien Morin