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Luc Besson condamné pour avoir plagié John Carpenter

Luc Besson à Taïwan en 2014.

Luc Besson à Taïwan en 2014. - AFP

Le producteur Luc Besson et sa société Europacorp ont été condamnés en mai à verser des dommages et intérêts au réalisateur américain John Carpenter.

Luc Besson et sa société de production Europacorp ont été condamnés en mai à verser des dommages et intérêts au réalisateur américain John Carpenter. La justice a estimé que le film Lock-Out constitue une contrefaçon du long-métrage New-York 1997, selon un jugement dévoilé ce vendredi.

Europacorp, James Mather, Stephen Saint-Leger, qui ont écrit et réalisé Lock-Out, sorti en 2012, en collaboration avec Luc Besson, ont été solidairement condamnés à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à Nick Castle, qui a co-écrit New-York 1997, et 20.000 euros à John Carpenter.

Station spatiale

Ils ont également été condamnés à verser 50.000 euros de dommages et intérêts à Studiocanal, qui détient les droits d'exploitation de New-York 1997, selon le jugement, rendu le 7 mai 2015 par la troisième chambre civile du tribunal de grande instance de Paris. Les demandeurs réclamaient au total trois millions.

Dans leur décision, les juges ont souligné les nombreuses similitudes entre les deux films de science-fiction, même si certains éléments diffèrent. Par exemple, "le fait en 1981 de transformer l'île de Manhattan en prison relevait de l'anticipation comme de transformer en 2012 une station spatiale en prison, et le remplacement du lieu de l'action de l'île de Manhattan par une station spatiale ne saurait permettre de nier toute contrefaçon", relève le jugement.

Les deux films mettent en scène "un héros athlétique, rebelle et cynique, condamné (...) à exécuter une peine de prison dans un établissement séparé du reste du monde, qui se voit proposer d'aller chercher le président des USA ou sa fille retenu en otage dans cette prison contre sa liberté", énumère le jugement.

Prise d'otage

Le personnage principal "s'introduit dans la prison après un vol en planeur / en navette spatiale", "doit affronter des détenus dangereux menés par un chef au bras droit imprévisible, et retrouver une mallette à l'importance capitale; il retrouve sur place un ancien comparse qui meurt, réussit in extremis la mission et conserve à la fin les documents secrets récupérés en cours de mission".

Pour les juges, "les caractéristiques significatives du film New-York 1997, tendant à lui donner une physionomie propre, ont été reprises par Lock-Out, ce qui caractérise la contrefaçon". EuropaCorp a "immédiatement" fait appel de cette décision, a indiqué vendredi le responsable de la communication de l'entreprise, Régis Lefebvre, dénonçant une "entrave à la liberté de création artistique".

"Les similitudes invoquées (telle que la thématique d'une prise d'otage) appartiennent au fonds commun du cinéma et le principe même d'une condamnation (...) n'est pas acceptable, même si le Tribunal n'a fait droit qu'à 3% des demandes indemnitaires des ayants droits du film New-York 1997", a-t-il souligné

la rédaction avec AFP