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Luc Besson a-t-il reçu un coup de pouce fiscal de Laurent Fabius? 

Luc Besson à Pékin en avril 2015.

Luc Besson à Pékin en avril 2015. - Wang Zhao - AFP

Une biographie non autorisée du réalisateur-producteur, en librairie le 14 janvier, assure qu'il aurait bénéficié d'une aide de Bercy en 2001. Laurent Fabius était alors ministre de l'Economie.

Le livre s'appelle L'homme qui voulait être aimé. Cette biographie non autorisée du cinéaste et producteur Luc Besson, à paraître le 14 janvier prochain, risque de lui déplaire. L'Express en dévoile les bonnes feuilles ce mardi. 

L'auteur, le journaliste Geoffrey Le Guilcher, y évoque notamment les manoeuvres de Luc Besson, au début des années 2000, pour échapper à l'ISF. Mais aussi les liens qui existent entre le cinéaste et le ministre de l'Economie de l'époque, Laurent Fabius.

Apprenant qu'il allait devoir payer plusieurs millions d'euros d'impôts, Luc Besson décide de contacter directement Bercy. Il y aurait eu un premier rendez-vous, dont Geoffrey Le Guilcher n'a pu assurer l'authenticité car "les versions divergent sur ce point". Mais un second rendez-vous aurait eu lieu "sans Besson et sans Fabius. Une sorte de conciliabule réunissant des proches du ministre et du cinéaste", écrit le journaliste. 

"Votre demande appelle une réponse positive"

Il assure dans son ouvrage s'être procuré une lettre, datée du 18 février 2002, indiquant: "Vous demandez pour l'année 2000 l'exonération d'ISF. [...] Votre demande appelle une réponse positive". Si, explique encore l'auteur, l'intervention du patron du fisc dans le dossier de riches contribuables "relève en France du secret de Polichinelle", il y a plus grave.

Geoffrey Le Guilcher raconte également que, deux ans plus tôt, Luc Besson a embauché Catherine Leterrier sur le tournage de Jeanne d'Arc. Costumière et chef décoratrice reconnue, elle est aussi... la soeur de Laurent Fabius. 

Elle est aussi la mère de Louis Leterrier, qui est alors assistant producteur sur le film. "En 2001, l'année où le ministre Laurent Fabius se penche sur la situation fiscale de Luc Besson, le neveu du ministre monte en grade dans l'entreprise du réalisateur du Grand Bleu", précise le journaliste.

"Un trentième de ce qu'il aurait dû payer"

Il devient ensuite le réalisateur que l'on connaît, signant pour Europacorp, Le Transporteur, puis Danny the dog, Le choc des Titans... Interrogé par l'auteur de la biographie, concernant cette affaire fiscale, il est "confus sur le sujet".

"Le réalisateur se souvient néanmoins avoir été sollicité par Luc pour approcher son oncle ministre sur un sujet touchant à l'entreprise de production du cinéaste", écrit Geoffrey Le Guilcher. Selon lui, Luc Besson n'aurait payé cette année-là au fisc qu'"un trentième de ce qu'il aurait dû payer si sa holding n'avait pas bénéficié d'un traitement indulgent sur la base de ses déclarations de ressources inexactes".

M. R.