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Logan: un super-héros cinquante nuances plus sombres

Extrait de l'affiche de Logan

Extrait de l'affiche de Logan - Copyright 20th Century Fox

Hugh Jackman dit au revoir à Wolverine, personnage qu'il incarne depuis six-sept ans, dans Logan, un film sombre et mélancolique. L'occasion de revenir sur les tentatives récentes de réaliser des films de super-héros plus adultes.

Il ressort une dernière fois ses griffes en adamantium. Dans Logan, qui sort ce mercredi 1er mars, Hugh Jackman orchestre des adieux aussi violents qu'émouvants à Wolverine, son personnage fétiche qu'il incarne depuis dix-sept ans. Réalisé par James Mangold, déjà auteur d'un Wolverine au Japon sorti en 2013, Logan marque une nouvelle tentative, réussie, des studios hollywoodiens de produire un film de super-héros pour adultes. Contrairement aux productions Marvel comme Doctor Strange ou Captain America: Civil WarLogan privilégie l'émotion à l'action. Le récit est concentré autour de trois personnages: un Wolverine alcoolique qui boîte, un Charles Xavier proche de la sénilité et X-23, une jeune mutante aux pouvoirs proches de ceux de Logan. Ce trio affronte des affreux soldats et un maléfique scientifique.

Plus sanguinolentes

Si les scènes d'action se révèlent plus violentes et plus sanguinolentes que dans les précédents X-Men, elles ne constituent pas le cœur de l'action. Exit les missions pour sauver le monde. Logan n'est pas un film de super-héros classique, mais un road-movie, genre très prisé du cinéma américain. Avec Logan, Magold et Jackman souhaitent tourner le dos aux clichés des films de super-héros en explorant des thématiques comme les relations père-fils ou les conséquences de la violence, thème principal des incarnations sombres et réalistes du Dark Knight de Nolan et de Batman V Superman de Zack Snyder. 

Mangold et Jackman ont tout fait pour imposer auprès des studios ce film violent et non destiné à un public d'enfants. "Dans dix ans, les effets spéciaux seront bien meilleurs qu'aujourd'hui. Pour quelles raisons les gens retourneraient-ils voir ce film?", a expliqué, lucide, James Mangold dans une interview. "C'est parce qu'il vous a ému. Et ça, jamais les effets spéciaux ne pourront pas le perfectionner. C'est ce qui permet de s'assurer que ce film sur lequel vous avez travaillé pendant si longtemps vit."

Violent, mais pas trop

C'est devenu un des motifs récurrents des films de super-héros: doivent-ils être sombres ou pop? Sérieux ou légers? Vaste question à laquelle les studios hollywoodiens peinent à répondre. Il y a d'un côté les tenants de la légèreté et du fun, Marvel, qui produit environ deux films par an depuis 2007: Iron Man, Gardiens de la Galaxie, Avengers... Des divertissements grand public aux scénarios et aux méchants interchangeables, mais dont la recette parfaitement rodée fonctionne à merveille à chaque fois. 

De l'autre côté, DC tente depuis le succès du Dark Knight de Christopher Nolan de mettre en place un univers réaliste de super-héros. C'est ce que le studio a tenté avec des films comme Man of Steel, Batman V Superman et surtout Suicide Squad. Pour raconter l'histoire de ce gang de super-vilains, DC a engagé David Ayer, connu pour ses films d'action musclés (Training Day, Fury). Problème: le studio a choisi, en pleine production, de modifier le ton, ajoutant des vannes pour adoucir un film jugé trop violent et s'assurer un succès commercial. Trop violent aux Etats-Unis signifie une classification "R Rated", soit une interdiction aux moins de 17 ans, ce qui empêche une partie du public adolescent - très friand des films de super-héros - de voir le film. La nouvelle a déçu les fans, mais n'a pas empêché le film de cartonner l'été 2016, éclipsant la déception de Batman V Superman

Face à Marvel et DC, la Fox 

Marvel vs. DC. La rivalité remonte aux années quarante. Depuis, un autre acteur s'est imposé: la 20th Century Fox, qui détient les droits cinématographiques de X-Men, des Quatre Fantastiques et de Deadpool (Sony a de son côté Spider-Man). La Fox a raté le coche des univers partagés de super-héros à la Marvel. Son reboot des Quatre Fantastiques, en 2015, s'est soldé par un échec cuisant. Pensé à l'origine comme une oeuvre sombre et réaliste, ce film de Josh Trank a été entièrement remonté par le studio (selon le réalisateur, la première version durait 140 minutes - la version finale dure elle 98 minutes). Un an plus tard, la Fox a rencontré le succès avec Deadpool, première incursion d'un grand studio dans un film de super-héros irrévérencieux et violent.

Avec Logan, une nouvelle page s'écrit. Plus sombre, plus réaliste. Un détail le prouve: X-23 feuillette un vieux Uncanny X-Men des années 1970. Il s'agit d'un faux, créé spécialement pour le film par le dessinateur Dan Panosian. En lisant cette histoire, Wolverine s'écrit: "Y a peu de vrai là-dedans. Dans la vraie vie, on meurt."

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- © Capture d'écran YouTube / 20th Century Fox France
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- © Capture d'écran YouTube / 20th Century Fox France
Jérôme Lachasse